@informateur.ci- La transformation du cacao en Côte d’Ivoire ralentit en 2025, plombée par la hausse des prix, la baisse de qualité des fèves et des défis structurels. Le pays vise pourtant 100 % de transformation locale d’ici 2030.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire s’est fixé pour objectif ambitieux de transformer localement la totalité de sa production d’ici 2030. Pourtant, à mi-parcours de cette échéance, le secteur industriel tourne au ralenti, confronté à plusieurs difficultés majeures.
Depuis janvier 2025, les broyeurs ont réduit volontairement leurs achats de fèves d’environ 20 %, selon une enquête de l’agence Reuters publiée le 7 juillet. Cette baisse d’activité est directement liée à la rentabilité jugée insuffisante des opérations industrielles, dans un contexte où les prix du cacao flambent et où la qualité des fèves intermédiaires laisse à désirer.
Les fèves issues de la récolte intermédiaire, souvent décrites comme « plus acides et moins riches en beurre », présentent une qualité inférieure. Selon Barchart, plateforme spécialisée dans l’information de marché, entre 5 et 6 % de ces fèves sont impropres à la transformation, contre seulement 1 % pour la récolte principale. Ce déclin de qualité serait lié à l’arrivée tardive des pluies ayant perturbé la maturation des cabosses.
À cela s’ajoute une hausse historique du prix bord champ, fixé à 2 200 FCFA/kg pour la campagne intermédiaire, soit une augmentation de 22 % par rapport à la campagne précédente. Si cette mesure bénéficie aux producteurs, elle représente un coût supplémentaire pour les transformateurs. «Personne ne veut payer plus pour des fèves de qualité inférieure. Et avec la flambée des prix du beurre de cacao, les clients réduisent leurs achats ou recherchent des alternatives », explique un industriel à Reuters.
Conséquence directe : les prévisions de broyage, estimées à 800 000 tonnes pour 2024/2025 par l’USDA, pourraient être revues à la baisse. Le ralentissement actuel met en lumière les défis structurels du secteur, que le gouvernement devra surmonter pour tenir sa promesse de transformation totale à l’horizon 2030.
Yannick KOBO












