@informateur.ci- Au Mali, chasse aux sorcières ou procès de l’avion présidentiel…c’est selon l’opposition ou la Transition militaire un pouvoir. C’est l’affaire des accusations de surfacturation présumée qui aurait été perpétrée, à en croire la junte en place à Bamako, par des personnalités de l’ancien régime dans l’achat d’équipements militaires et d’un avion présidentiel en 2014, survenu lors du mandat d’Ibrahim Boubacar Keïta. Neuf 9 personnalités au total étaient poursuivies pour ‘’ corruption, trafic d’influence, favoritisme, atteinte aux biens publics (et) faux et usage de faux ‘’.
L’affaire avait été révélée, dit-on, par un rapport des services maliens de vérification de finances publiques censé dater de 2014, qui souligne un détournement présumé de plusieurs milliards de francs CFA dans le cadre de l’achat de l’avion présidentiel et d’équipements militaires. Mais lequel rapport n’a été brandi que sous la Transition militaire, en 2022. D’où les doutes émis par les accusés, les partis politiques de l’opposition et de nombreux observateurs sur l’authenticité et la fiabilité dudit document, dénonçant une chasse aux sorcières contre l’ancien régime.
Ce procès dans lequel certains prévenus étaient en détention depuis plus de trois ans, a livré son verdict le mardi 8 juillet 2025 au soir. La Cour d’assises spéciale de Bamako a prononcé deux acquittements et six condamnations, dont quatre à la réclusion criminelle à perpétuité. Les plus chanceux, l’ancien ministre de la Communication, Mahamadou Camara, et le Général Moustapha Drabo ont été acquittés. Faut-il le rappeler, ces deux personnalités avaient déjà obtenu une liberté provisoire durant la phase d’instruction. Mais tous n’ont pas eu cette chance.
La sentence la plus lourde a été prononcée à l’encontre Mme Bouaré Fily Sissoko, l’ancienne ministre de l’Economie et des Finances qui a été condamnée à 10 ans de réclusion criminelle, et du Colonel Nouhoum Dibitao qui a écopé de 7 ans de prison ferme. Les deux sont aussi frappés d’une amende de 500 000 FCFA. Quant à l’homme d’affaires Sidi Mohamed Kagnassy, l’ancien Secrétaire général de la présidence malienne Moustapha Ben Barka, et aux frères Nouhou et Amadou Kouma qui sont hors du territoire malien, ont été également condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité.
Malheureusement, l’ancien ministre de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga, la neuvième personnalité visée par cette affaire, est décédé en détention à Bamako le 21 mars 2022 lors l’instruction du dossier. Les avocats des condamnés clament toujours l’innocence de leurs clients, tandis que leurs proches crient à persécution politique pour les réduire au silence. Faut-il le savoir, des mandats d’arrêt sont toujours en cours contre d’autres coaccusés dans cette affaire.
Maurice Konan KOUASSI












