@informateur.ci- Aliko Dangote annonce que l’Afrique deviendra autosuffisante en engrais d’ici 40 mois grâce à l’extension de son complexe industriel au Nigeria. Un tournant stratégique pour l’agriculture et l’économie du continent.
Lors de la réunion annuelle d’Afreximbank à Abuja, le milliardaire nigérian Aliko Dangote a déclaré que l’Afrique pourrait atteindre l’autosuffisance en engrais dans un délai de 40 mois. Cette ambition repose sur l’extension en cours de son complexe industriel de 2,5 milliards de dollars, situé en périphérie de Lagos.
Actuellement, le continent dépend de l’importation de plus de 6 millions de tonnes métriques d’engrais chaque année, un déséquilibre qui pèse lourdement sur les devises des États, notamment le Nigeria. Dangote a souligné que l’augmentation de la production locale réduirait ces coûts et renforcerait la sécurité alimentaire, dans un contexte agricole souvent difficile. « Dans les 40 mois à venir, l’Afrique n’aura plus besoin d’importer d’engrais. Nous avons une vision ambitieuse : faire de Dangote le premier producteur mondial d’urée, devant le Qatar », a-t-il affirmé. Le complexe Dangote Fertilizer est déjà le plus grand d’Afrique, avec une capacité de 3 millions de tonnes par an, dont 37 % sont exportées vers les États-Unis. Pour atteindre ses objectifs, l’industriel devra toutefois doubler cette capacité.
Malgré les défis, notamment les risques liés aux dépassements de coûts et aux infrastructures déficientes, les analystes estiment le marché africain des engrais prometteur. Seth Goldstein, de Morningstar Research, met en garde contre les obstacles financiers liés à toute expansion industrielle.
De son côté, Mikolah Judson, du cabinet Control Risks, insiste sur l’importance des infrastructures de transport et des capacités portuaires, encore insuffisantes au Nigeria, rapporte Reuters.
Aliko Dangote, connu pour ses projets d’envergure, a également annoncé son intention de faire entrer en bourse sa raffinerie de pétrole de 650 000 barils/jour en 2026, tout en confirmant la cotation de son usine d’engrais sur le marché local dès cette année. Cette stratégie pourrait marquer un tournant décisif pour l’économie et l’agriculture africaines.
Djah OPELY












