@informateur- Pour l’œil politique averti et exercé, l’information n’est pas banale car en diplomatie, plus que les mots, ce sont les actes et les faits qui parlent, surtout quand il s’agit des relations entre la France et la Côte d’Ivoire. L’information déjà partagée par les médias est que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire depuis 2020, Jean-Christophe Belliard reste à Abidjan pour au moins une année encore. Sa mission qui était arrivée à terme a été prolongée jusqu’à 2025.
Certes à priori la prolongation de la mission d’un ambassadeur dans un pays est une pratique courante tout à fait normale, une coutume voire une routine en diplomatie. Mais l’ambassadeur Belliard reste en Côte d’Ivoire jusqu’en 2025. Et rien ne dit qu’il ne restera pas jusqu’à la prochaine élection présidentielle ivoirienne. C’est là qu’il faut bien regarder les choses…Car 2025 est une année électorale, l’année de la 6e élection présidentielle de l’après Félix Houphouët-Boigny. Une élection qui arrive après les cinq précédents scrutins présidentiels qui ont tous été marqués par des tensions extrêmes; ceux de 1995 et de 2015 par des boycotts dans un contexte de contestation des résultats; ceux de 2000, 2010 et 2020 par des crises électorales et postélectorales sanglantes pour un décompte macabre: près de 250 morts à la suite de la présidentielle »calamiteuse » de 2000, 3000 morts pendant la tragédie électorale de 2010-2011 et 85 morts au terme du désastre électoral de 2020. L’année où, justement, l’ambassadeur Jean Christophe Belliard a été nommé en Côte d’Ivoire.
En effet le diplomate a pris fonction officiellement le 5 octobre 2020. Peu avant l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Belliard, en sa qualité d’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, est pour Paris le témoin le plus récent d’une élection présidentielle, pour ne pas dire d’une crise électorale en Côte d’Ivoire. Son expérience de la situation ivoirienne pourrait donc être utile à l’Élysée dans sa lecture du jeu électoral ou son arbitrage en 2025. D’autant plus que le scrutin présidentiel qui se rapproche s’annonce délicat, avec tous les dossiers politiques en suspend.
Des sources confient que c’est le président Alassane Ouattara qui a insisté auprès du Chef de l’État français Emmanuel Macron pour que la mission de l’ambassadeur Belliard soit ainsi prolongée, alors que Paris s’apprêtait à faire venir son remplaçant. Et le requérant a si bien insisté qu’il a eu gain de cause, l’Élysée a accédé à la demande du Chef de l’État ivoirien. Y a-t-il pour autant lieu d’interpréter le choix du président Ouattara et l’acceptation de Macron? Certains sont convaincus que Jean Christophe Belliard n’a pas été maintenu en poste à Abidjan jusqu’à l’année électorale 2025, simplement pour regarder le lever du soleil…Aux yeux de nombre d’observateurs, son maintien jusqu’en 2025 ne serait pas fortuit.
Mais, faut-il le penser, c’est sans doute la qualité des rapports entre le diplomate français et les autorités ivoiriennes qui a motivé la requête d’Abidjan et l’accord donné par Paris. Il faut donc en prendre acte tout simplement car, en diplomatie tout ne se dit pas sur la place publique et certains contours des relations entre États sont difficiles, parfois impossibles à cerner.
DL/Informateur.ci












