‘@informateur- La Côte d’Ivoire a malgré elle la réputation de détenir un triste record:celui du plus fort taux d’apatrides ou encore personnes «à risque d’apatridie». Qu’ils soient notoirement réputés Ivoiriens d’origine, qu’ils soient des immigrés de longue date ou récents, ou encore nés en Côte d’Ivoire de parents immigrés, ils n’ont ni acte de naissance, ni certificat de nationalité, ni pièce d’identité. En fait, ils n’ont pas de nationalité ou ont beaucoup de mal, faute de documents, à prouver cette nationalité ou un lien avec leur État d’origine.
Pour en venir à la définition de l’apatridie, qu’entend-on par « apatrides ou personnes à risque d’apatridie? » Il est bon de savoir qu’un apatride est, selon la Convention de New York du 28 septembre 1954, «toute personne qu’aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation». Plus simplement, un apatride est une personne dépourvue de nationalité, qui ne bénéficie de la protection d’aucun État. Il y aurait plus de 12 millions d’apatrides dans le monde, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr).
Le phénomène n’est donc pas spécifique à la Côte d’Ivoire. Mais au pays d’Houphouët-Boigny, le phénomène a pris des propositions qui en font un fléau. Qu’ils soient réputés Ivoiriens d’origine, qu’ils soient nés en Côte d’Ivoire de parents immigrés ou qu’ils des soient des immigrés de longue date connus comme tels, ils n’ont ni acte de naissance, ni certificat de nationalité, ni pièce d’identité. En fait, ils n’ont pas de nationalité ou ont beaucoup de mal, faute de documents, à prouver cette nationalité ou un lien avec leur État d’origine. Il ne peuvent ni passer des diplômes,ni avoir une protection sociale,ou encore poser ou bénéficier d’actes formels de quelque nature que ce soit.
En Côte d’Ivoire, selon le Hcr qui est l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, ils sont plus 1,6 million à appartenir à l’une ou l’autre des deux catégories. D’autres sources sont convaincues, en l’absence de données indiscutables, qu’ils seraient plusieurs millions dans cette situation. Faut-il se fier aux chiffres qui tendent à minimiser la population des apatrides sans-papiers en Côte d’Ivoire en la situant autour de 700 à 900 mille personnes? Dans un pays où de très nombreuses naissances ne sont pas déclarées à l’état civil et où l’immigration n’a jamais été maîtrisée, il est plus que probable que les apatrides se comptent par millions.
En fait, la Côte d’Ivoire abrite la plus importante population d’apatrides au monde, et détient de ce fait le triste record du pays qui compte le plus grand nombre de sans-papiers au monde. Une réalité qui, l’on s’en souvient, a hélas alimenté le débat identitaire et constitué l’un de vecteurs de la crise politico-armée. A ce jour, malgré des initiatives prises sous les différents régimes qui se sont succédé, la question des apatrides en Côte d’Ivoire n’a pas encore été entièrement résolue.
Daouda LY












