@informateur- L’année 2023 marque le quarantième anniversaire des relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine qui datent de l’ère Houphouët-Mao. Les infrastructures économiques et le commerce sont les secteurs clés d’ancrage de la coopération sino-ivoirienne avec des sous-secteurs annexes dont le tourisme, l’agriculture et les relations d’échanges et d’amitié pérennisés par les présidents ivoirien Alassane Ouattara et chinois Xi Jinping qui font de la Chine, le deuxième partenaire commercial de la Côte d’Ivoire.
De manière globale, l’ouverture de la Chine sur l’Afrique vise à donner une vitalité au développement du continent par le moyen d’une coopération économique et commerciale qui adopte la stratégie du win-win (gagnant-gagnant). Selon Dr Idrissa Coulibaly, enseignant à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, «la Chine estime que l’Afrique peut ainsi véritablement sortir de son retard sur le développement, tout comme elle-même, qui en est sortie trois décennies plus tard après l’ère Mao Tsé Toung». C’est dans ce cadre que, par exemple, la Chine a passé, depuis 1960, avec l’Afrique le grand partenariat du FOCAC (Forum pour la Coopération Afrique-Chine). «Ce partenariat est aujourd’hui boosté par l’initiative ‘’La Ceinture et la Route », mise en œuvre sous le leadership du président Xi Jinping, qui crée ainsi les nouvelles routes de la soie, avec l’Afrique et le Monde», assure l’enseignant.
- Barrage de Soubré, Stade d’Ebimpé, 5é Pont d’Abidjan…

La Côte d’Ivoire qui se targue d’entretenir ‘’d’excellentes et fructueuses’’ relations avec ce géant de l’Asie de l’Est n’est pas en reste ni en dehors de ces cadres qui appellent à son développement économique. C’est schématiquement comme si la Chine offrait à la Côte d’Ivoire en particulier, les apports qui manquaient à son décollage économique. Selon les chiffres de la Chambre de commerce des entreprises chinoises (CCEC) ouverte à Abidjan en 2017, environ 40 entreprises chinoises sont présentes dans la construction, l’alimentation en eau potable d’Abidjan, l’extension du port de la ville, le stade olympique à Ebimpé (près d’Abidjan), la vidéo-protection de la ville d’Abidjan, l’extension du réseau électrique et le réseau haut débit à fibre optique.
Les principaux secteurs d’intervention de la Chine restent les infrastructures (66 % du montant global), les télécommunications (18 %) ou l’éducation (6 %). De fait, la Chine est en Côte d’Ivoire ce qu’elle est à l’échelle africaine : un acteur secondaire dans le secteur agricole. Depuis plusieurs années, elle a ouvert une offensive sur le continent africain, en particulier en Côte d’Ivoire où ‘’dans le domaine minier, ce pays est très présent’’, note Pascal Kouao, Directeur de l’Information à l’Agence ivoirienne de presse (AIP).
Selon ce journaliste, depuis une dizaine d’années, des acteurs de médias africains bénéficient de formation notamment dans le secteur de l’audiovisuel en Chine. «Des sessions de promotion de la politique de développement de ce vaste pays asiatique sont organisées pour permettre aux participants de mieux appréhender la politique qui y est menée. La Chine privilégie la politique culturelle et touristique à travers des voyages et visites de plusieurs villes chinoises, stoppés ces trois dernières années par la crise sanitaire de la Covid-19», fait remarquer le journaliste, bénéficiaire à trois reprises de ces voyages en Chine et qui salue ‘’les interventions de la Chine dans les investissements ivoiriens».
Ce voyage de formation en Chine a également profité en 2014 à un groupe de cadres du ministère de l’Éducation nationale. Ces derniers ont mis en place, deux ans plus tard, le Réseau des enseignants amis de la Chine. Ce réseau qui s’est fixé comme mission de promouvoir l’apprentissage de la langue et de la culture chinoise dans les lycées et collèges en Côte d’Ivoire revendique à ce jour une vingtaine de clubs des élèves amis de la Chine dans les lycées et collèges de Côte d’Ivoire. Plus de 7.000 élèves bénéficieraient de cette formation à Abidjan, à Bouaflé, à Bouaké et à Yamoussoukro. La Chine a, par ailleurs, consenti en 2020, une enveloppe de 34 milliards FCFA pour la construction et l’équipement de 4 lycées d’excellence dans les villes de Bondoukou, San-Pedro, Abengourou et Bouaflé ainsi que deux lycées professionnels à Sinfra et Didiévi. On comprend dès lors la plaidoirie de l’Ambassadeur chinois depuis 2022 afin que le mandarin soit inscrit dans le système éducatif ivoirien comme l’une des langues vivantes au même titre que l’Allemand et l’Espagnol.
- Des chefs-d’œuvre made in china

A l’évidence, le barrage hydroélectrique de Soubré, au sud-ouest du pays, est cité en exemple comme l’un des grands fruits de la coopération sino-ivoirienne. Un ouvrage gigantesque d’un coût de 331 milliards FCFA construit par la Chine, pour résorber le déficit énergétique de la Côte d’Ivoire et qui l’a financé à hauteur de 85%. «Pour moi, le barrage de Soubré symbolise la qualité des relations entre la Chine et la Côte d’Ivoire», se réjouit Pierre Dago, économiste au système des Nations-Unies. Selon cet économiste, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a connu une hausse exponentielle «plaçant ainsi la Chine au rang de premier fournisseur et de troisième partenaire commercial de la Côte d’Ivoire. Les échanges entre les deux pays ont progressé de 800% entre 2014 et 2016», fait- t-il remarquer.
En dehors du barrage de Soubré, la Côte d’Ivoire s’est dotée récemment de joyaux infrastructurels made in Chine. On peut citer entre autres, le Stade olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé (63 milliards FCFA) inauguré en octobre 2020, le 5éme pont qui reliera le Plateau à Cocody dont les travaux (105 milliards FCFA) exécutés par China Road Bridge seront livrés en fin avril 2023 et l’autoroute Yopougon- Thomasset (Anyama) en cours de construction par l’entreprise Chico.
L’apport des organisations comme Chinafrica International est contributif à ces cadres formels de la coopération sino-ivoirienne. «Nous nous donnons un rôle d’accompagnateur de cette coopération Chine-Afrique et sino-ivoirienne, par le moyen de l’éco-diplomatie et de la diplomatie de l’amitié», soutient Takoué Sylvain, président de Chinafrica International. Ces organisations et mouvements, œuvrent à l’élargissement, au renforcement et à la consolidation des échanges de coopération dans tous les secteurs ciblés et d’amitié entre la Chine et la Côte d’Ivoire. «En développant de franches et bonnes relations d’amitié et d’échanges humains avec la Chine, nous travaillons à faire en sorte que ce pays fasse profiter son modèle de développement à l’Afrique par le moyen d’investissement globaux et sectoriels sur le continent africain» soutient M. Takoué.
Généviève MADINA












