‘@Informateur- Les premières semaines de commercialisation du Café-cacao en Côte d’Ivoire pour le compte de la campagne 2022-2023 est un véritable cauchemar pour des producteurs et des coopératives. De fait depuis le début de la campagne le 1er octobre dernier, c’est un nombre incalculable de camions de chargement de cacao qui sont refoulés par les exportateurs dans les ports de San-Pedro et d’Abidjan.
Même des coopératives considérées comme les meilleures ont vu, pour certaines, pour la toute première fois, leurs chargements rejetés. La cause de ces refoulements massifs jamais enregistrés lors d’une campagne de Café-cacao serait le non-respect des critères de qualité des fèves. C’est ce que mettent en avant les analyses des laboratoires des exportateurs pour justifier ces rejets.
Selon un technicien d’analyse qui a accepté de nous éclairer sous le couvert de l’anonymat, les critères de qualité sont constitués d’au moins 7 éléments. «On peut citer pêle-mêle le taux d’humidité, de grainage, de moisies, d’ardoisées, et les corps étrangers. Les coopératives sont informées de ces critères avant livraison. Si nous testons que les taux sont supérieurs aux valeurs que nous recherchons, le produit est refoulé», explique notre source.
A la question de savoir qui assure les analyses, la réponse est la suivante: «Les analyses des produits sont effectuées par chaque exportateur en présence des représentants du Conseil du Café-cacao et ce sont ces résultats qui s’imposent», assure le laborantin.
Réagissant aux rejets massifs du cacao, notre source a bien voulu donner une piste d’explication. «Avant le début de la campagne, il y a des coopératives qui achètent de grandes quantité de cacao et qui les stockent parfois dans des conditions qui ne conservent pas la qualité. Dès l’ouverture de la campagne, ils essaient d’écouler ces stocks avant les nouvelles récoltent. C’est ce qui explique la détérioration des fèves», explique-t-il ; il conseille, par ailleurs, aux coopératives de veiller davantage sur la qualité.
Mais que deviennent les chargements refoulés? A en croire le technicien ces produits sont tout simplement renvoyés aux propriétaires pour être traités et reconditionnés en fonction du certificat d’analyse. Seulement, les coopératives dont les chargements sont rejetés ont à supporter doublement les frais de transport depuis leurs magasins jusqu’au port. Ce qui ne constitue pas moins un manque en gagner.
Ces refoulements massifs ont lieu au moment où les Coopératives et les exportateurs sont divisés à propos de la clé de répartition de la prime de certification de la nouvelle campagne. Les exportateurs sont accusés de faire des superprofits sur le dos des coopératives et des producteurs.
Charlène ADJOVI












