@Informateur- Décédé dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 janvier dernier, des suites d’une longue maladie, le journaliste émérite Khalil Ali Kéïta a été conduit, ce jeudi, à sa dernière demeure, au cimetière de Williamsville oû il repose à jamais.
C’est sous le coup de 14h, après la levée de corps à la salle Félix Houphouët-Boigny d’Ivosep à Treichville suivie de la prière mortuaire à la grande mosquée d’Angré-Djibi que le journaliste Ali Kéita, à la plume alerte, ce fouineur qui savait distraire ses lecteurs à travers différents pseudonymes dont Ange Marie-Ibodjegba, Fakoly Daba , Frotomougou, Yéhi Bahonon Valérie, Emma Valérie Clarisse et surtout Marie Chantal Ozoua, a été porté en terre.
L’émotion était grande â la levée de corps effectuée en présence de Simone Ehivet Gbagbo, l’ex-première Dame ivoirienne, de plusieurs cadres de sa famille politique, le PPA-CI au rang desquels les anciens ministres Dano Djedjé, Assoa Adou, Odette Sauyet, le Secrétaire général Damana Pickass ainsi que Nady Bamba, la « petite femme » de Laurent Gbagbo. Ali Kéita etait le manager géneral du groupe de presse « Le Cyclone » fondé par Nady Bamba, de 2010 à 2011 jusqu’à la chute du présidént Laurent Gbagbo.
Bien avant, Ali Kéïta a débuté, dans les années 80, sa carrière de journaliste à la Radiodiffusion télévision ivoirienne ( Rti, service public) où il annimait avec brio et maestria l’émission littéraire « Kuma » qui signifie « parole » en langue locale, malinké. La parole? Ali Kéïta avait l’art de parler. Bien parler. « Papa pouvait parler sans interruption pendant des heures et capter l’attention de son « interlocuteur », a temoigné son fils, Serges Laurent Kéïta Antar, lors de la levée de corps, au nom des enfants Kéïta, Annick épouse Flalfour, Eddine Jean-Baptiste, Tania et Soundiata.
Cet homme « décidé, un journaliste engagé… enragé », selon Yao Noël, président de l’Union des Journalistes de la Presse Libre Africaine (U.J.P.L.A), a donné une dimension supplémentaire à l’audience de l’émission.
Son goût pour la vérité et la justice était immense et évidente. Si bien que, bien plus tard, lorsqu’il s’afficha avec le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, après une année avec Emmanuel Dioulo, l’ancien et flamboyant maire d’Abidjan dont il fut le Directeur de Cabinet (sous le parti unique), ce fut sans surprise. Ali Keita se voulait un genre précoce « d’anti-système », comme on le dirait aujourd’hui.
Au FPI, aujourd’hui, PPACI, Ali Keita fit donc chemin avec Laurent Gbagbo, l’opposant historique, après une parenthèse avec le RDR d’Alassane Ouattara dont il fut, également, le porte-parole adjoint. Le combat d’Ali Kéïta, homme de gauche, était celui de la liberté et de la justice en ce bas monde.
Journaliste d’investigation à Notre Temps, Rédacteur en Chef à La Voie, Directeur des rédactions à Le Républicain ivoirien puis à Liberté, fondateur du Journal de la Semaine, Ali Kéïta était un journaliste hors-pair, friand des enquètes et dossiers inédits doublé d’une générosité débordante envers ses collaborateurs. « Chef Ali peut distribuer son salaire à lui à ses journalistes pour les encourager. Il est très sociable », témoigne le journaliste Honoré Sépé, l’un de ses fidèles collaborateurs devenu son « fils ».
Geneviève MADINA












