@Informateur- Autant le dire, le premier discours du lieutenant-colonel Paul Henri Damiba, nouvel homme fort du Burkina Faso aura séduit plus d’un. Annonçant la future ébauche d’une feuille de route afin de projeter et réaliser le redressement qui s’impose pour la refonte du pays, le chef de l’Etat s’est dit être réceptif à la contribution en termes d’idées du cultivateur et sa prise en compte dans le processus. « (…) je m’engage à convoquer les forces vives de la Nation pour convenir d’une feuille de route qui aura pour but de projeter et réaliser le redressement, voulu par tous les Burkinabè : un redressement dans lequel, le cultivateur qui n’a rien récolté la saison dernière, ou celui qui a assisté au vol de son bétail, ou encore les femmes chefs de ménage qui peinent à nourrir au quotidien leurs enfants seront pris en compte».
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Pour le Directeur Exécutif de l’organisation Agissons pour nos villages (AGV), Sadate Bikienga, le chef de l’Etat burkinabè a tenu un discours non seulement à la hauteur des enjeux de l’heure, mais surtout valorisant pour le petit peuple qui n’a que trop souffert de la situation sécuritaire du pays. «Oui beaucoup de burkinabè de la petite classe n’ont pas pu récolter ces dernières années parce qu’ils n’ont pas semé. Parce qu’ils ont été réduits en des assistés, devenus des déplacés internes dans leurs propres pays. Oui, leur bétail a été confisqué ainsi que leurs biens par l’ennemi. De nombreux ménages vivent ce qu’ils n’ont jamais imaginé il y a moins de 7 ans. Que le chef de l’Etat exprime le désire de prendre en compte cette couche sociale dans le plan de redressement est en soi un soulagement moral », a commenté Sadate Bikienga.
Mais l’homme dont les œuvres sociales et humanitaires dans la région du Kouritenga ne sont plus à démontrer, estime qu’au-delà de cette profession de foi, il faudra s’assurer dans l’urgence des meilleures conditions de vie des déplacés internes. «Il faut travailler à garantir leur dignité», suggère-t-il.
Faut-il le rappeler, l’organisation de droit burkinabè, Agissons pour nos villages est née dans la foulée des restrictions liées au covid-19 en 2020 et vise, entre autres, à aider les populations défavorisées en leur garantissant une aide humanitaire et des commodités de base comme l’eau potable, et l’accès à l’éducation pour les enfants.
Charlène ADJOVI