@Informateur- Harcelée parfois dans leur retranchement ou surprise généralement en pleine mission de sécurisation et massacrée par des terroristes sans visage et de plus en plus stratèges, l’armée burkinabè a subi ces dernières années de nombreux revers dans sa mission de défense du territoire national. Sous-équipées, sous-alimentées et moins motivées en termes de primes, nonobstant l’augmentation du budget du ministère de la Défense à plus de 400 milliards FCFA, les forces de défense et de sécurité, il faut avoir le courage de le dire, ne peuvent pas prendre l’avantage sur l’ennemi. Et ce ne sont pas les diverses formes de soutiens abstraits- du genre «force à nos vaillants FDS»- justes bon pour le moral qui inverseront la situation.
- Plus de 600 attaques terroristes en 6 ans…
Commencés timidement dès le début de son premier mandat, les assauts terroristes étaient d’abord de moindre «amplitude» avant d’aller autrement, prenant des proportions inquiétantes et «gargantuesques» au point où 1,5 millions de Burkinabè ont dû fuir les zones que les djihadistes ont mis sous coupe réglée. On estime à plus de 600 attaques en 5 ans. Défiant ainsi l’autorité de l’Etat, et démystifiant par ricochet la «toute-puissance» et «l’invincibilité» supposées de l’armée burkinabè. Maintes fois interpelé et mis face à ses responsabilités, le président du Faso a toujours promis de prendre les mesures qui s’imposent pour ramener la sécurité dans son pays. En novembre dernier après l’attaque du détachement de gendarmerie d’Inata qui a fait 53 morts dans les rangs des pandores et la colère subséquente d’une partie de la population qui demandait sa démission dans la rue, Roch Kaboré s’est retrouvé seul face à son destin. Il a, il faut le dire, senti le boulet passé.
– …Ont brisé le mythe de l’armée…
Pour preuve, il a multiplié les discours, promettant cette fois de passer un «robuste» coup de serpillère autour de lui mais également dans l’administration. Dans la foulée, il annonce une opération mains propres, dissout le gouvernement, remet en cause le rapport d’enquête d’Inata, nomme un nouveau Premier ministre, et opère quelques changements dans la hiérarchie militaire etc. Seulement dans tout ce remue-ménage en cours, l’Agence nationale de renseignement dont le rôle est d’éviter toute surprise au niveau stratégique en fournissant des informations de qualité aux FDS opérant sur le terrain, n’est pas du tout inquiétée. Alors qu’elle a clairement failli depuis bien longtemps d’ailleurs à sa mission de veille. Dirigée par le Colonel-major François Ouédraogo, proche parmi les proches du Président du Faso, l’Agence est assimilable à une coquille vide. En témoignent la facilité avec laquelle les terroristes circulent sur le territoire et opèrent sans la moindre difficulté. Même si l’Agence se défend dans les milieux militaires d’empêcher la sanctuarisation du terrorisme au Burkina. « Les terroristes ne régentent aucune zone au Burkina pour l’heure malgré leur activisme« , nous confie une source proche des renseignements.
- …Et mis à nu les limites de l’ANR
Pourtant, selon plusieurs sources sécuritaires contactées par Informateur.ci, l’Agence nationale de renseignement burkinabè ferait beaucoup plus dans les informations d’ordre général dont elle s’est spécialisée dans la collecte plutôt que le renseignement à propre parler. «L’information est plus à porter de main en temps de guerre que le renseignement qui nécessite un réseau fiable, parfois même dans le camp de l’ennemi pour être précis et exploitable. Cela a un coût. Les terroristes que nous combattons, eux y mettent le prix et recrutent même au sein de l’armée. Ce n’est pas un secret mais une réalité dont on en parle malheureusement moins», expliquent nos sources. Laissant ainsi supposé que l’Agence nationale de renseignement burkinabè manque de moyens et n’a pas d’emprise dans les zones infiltrées voire occupées. «Comment peut-on renseigner efficacement dans ces conditions. L’Agence ne brille que dans la protection du chef de l’Etat et les membres du gouvernement mais pas du territoire encore moins des populations?», concluent nos sources.
Ce constat émanant de sources sécuritaires elles-mêmes est d’une gravité qui en appelle à une réorganisation urgente de cet organe essentiel dans la sécurité et la sureté de l’Etat. De fait, si l’Agence nationale de renseignement burkinabè (créée en 2015) reste en l’état, aucun changement notable ne pourrait être enregistré dans la lutte contre le terrorisme. Peut-être est-il temps que le président du Faso songe à envoyer son ami, le Colonel-major François Ouédraogo, à la retraite au profit d’un souffle nouveau.
Alfred SIRIMA












