‘@Informateur.info- Le feu et le bitume ne font pas bon ménage. Depuis que les manifestations politiques ont repris en Côte d’Ivoire avec les autodafés de pneus sur la chaussée, le bitume entame par endroits le point de départ d’une dégradation anticipée. Informateur.info a revisité quelques sites où des manifestants ont brûlé des pneus sur la chaussée lors des manifestations contre le 3é mandat du président ivoirien Alassane Ouattara.
Du quartier Gesco au Km 17 de Yopougon (Nord-Ouest d’Abidjan) à Adiapoto, commune de Songon, en passant par le carrefour Brimbrimsso, le constat est édifiant. Là où des pneus usagés ont été incendiés, lors des manifestations de rue contre le 3é mandat du président Alassane Ouattara, le bitume présente des traces d’effritement. Ce qui marque, inéluctablement, le point de départ d’une usure prématurée. Avec le trafic, les parties du bitume brûlé vont continuer de s’effriter et à long terme faire place à des nids de poule.
Selon Issaka Kindo, expert en BTP, le feu est un facteur accélérateur de la dégradation de la chaussée. » Le bitume est certes installé à une température comprise entre 160 et 175°C mais une fois installé si l’on y applique le feu au-delà d’une certaine température, il perd de son élasticité. Le bitume s’effrite et peut même présenter des fissures qui vont à la longue conduire à sa détérioration« , explique t-il.
Pour réduire l’ampleur des incendies de pneus sur la chaussée, les forces de l’ordre ont initié, depuis quelques semaines, des opérations de ramassage des pneus usagés dans plusieurs quartiers du District Autonome d’Abidjan. Dimanche dernier, on les apercevait encore du côté de Yopougon Nianghon, la plus grande commune d’Abidjan, en train de charger un camion de pneus.
En effet, la commune de Yopougon n’est qu’un échantillon. Lors des manifestations de rue qui ont duré plusieurs mois, la destruction de biens notamment de véhicules et des pneus usagés incendiés ont été enregistrés pratiquement sur toute l’étendue du territoire national. Ce qui donne une idée de l’impact du feu sur les routes.
En Côte d’Ivoire, faut-il le préciser, la route bitumée représente environ 7.000 kilomètres sur un réseau routier estimé à 80.000 km. La modernisation du réseau routier qui relève d’un défi de développement pourrait être impactée si chaque année électorale devrait donner lieu dans le pays à des manifestations de rue.
Vivement que les manifestations de rue soient encadrées par la police plutôt que réprimées. Cela pourrait éviter que des manifestants soient obligés d’incendier des pneus sur la chaussée. Il y va de la préservation du réseau routier du pays. Car, dit-on, la route précède le développement.
Alexandre Lebel ILBOUDO














