‘@Informateur.info- MM. Eddie Komboigo, président du CDP et Carlos Toé, président du MCR ont co-animé, ce jeudi 16 janvier 2019, une conférence de presse à Ouagadougou, au nom des partis de l’Opposition politique pour faire le bilan à mi-parcours du processus d’enrôlement dans la diaspora dont ils s’inquiètent du taux d’enrôlement à dix jours de la fin de l’opération.
Commencé le 4 janvier dernier pour prendre fin le 26 janvier prochain dans 22 pays, le processus d’enrôlement des Burkinabè de l’extérieur sur le fichier électoral, connaît des difficultés sur le terrain, à en croire les conférenciers.
Rappelant les projections initiales de la CENI estimant le nombre de Burkinabè de l’extérieur à enrôler sera compris entre 1,5 et 2,5 millions, les présidents Eddie Komboigo et Carlos Toé ont relevé que ‘’les échos qui nous reviennent ne sont pas du tout rassurants’’, faisant remarquer que ‘’les difficultés rencontrées sur le terrain sont liées aux documents d’enrôlement, au lieu d’enrôlement et à des problèmes divers’’.
‘’Concernant les difficultés liées aux documents d’enrôlement et aux pièces de votation, il nous revient que nombreux sont nos compatriotes de l’extérieur qui manquent de Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) et de passeports, et qui ont par contre la Carte consulaire’’, disent-ils.
A ce stade du processus, ‘’les chiffres sont suffisamment choquants’’, avancent les conférenciers qui prennent l’exemple de la Côte d’Ivoire pour étayer leurs assertions. ‘’En Côte d’Ivoire, avec 1 million 300 mille Burkinabè immatriculés à l’Ambassade et dans les 3 consulats, et sur 2 millions de potentiels électeurs, en date du 14 janvier 2020, soit plus d’une semaine après le lancement de l’opération d’enrôlement, le nombre d’enrôlés est de 1419 répartis’’, indiquent-ils, en précisant, respectivement, 1066 enrôlés, 187 enrôlés et 166 pour les consulats d’Abidjan, de Soubré et de Bouaké.
Mêmes les résultats provenant des autres pays ne sont pas reluisants non plus : ‘’ Bénin (423), Ghana (92), Mali (367), Togo (634), Sénégal (509), Gabon (92), Tunisie (136)’’, citent-ils avant d’ajouter que ‘’c’est la même triste tendance en France, aux Etats-Unis, au Canada, et dans les autres pays concernés’’ par l’opération.
Cette faible participation s’explique, selon l’opposition, en grande partie par la centralisation des lieux de votes. ‘’En effet, l’article 72 du Code électoral en vigueur (non consensuel), dit qu’à l’extérieur du Burkina, les scrutins ont lieu exclusivement dans les Ambassades et Consulats généraux’’, expliquent, encore MM. Komboigo et Toé.
‘’Or, le Dialogue politique du 15 au 22 juillet 2019 a décidé d’une révision dudit article, pour qu’à l’extérieur du Burkina, les bureaux de vote soient installés, non seulement dans l’enceinte des Ambassades et Consulats généraux, mais aussi « en tout autre lieu en accord avec le pays hôte’’, assène-t-ils avant de souligner que ‘’si cette décision avait été mise en œuvre rapidement, les opérateurs de kits de la CENI allaient pouvoir se rapprocher de nos compatriotes, au lieu que ces derniers se déplacent parfois à des centaines de kilomètres pour se faire enrôler’’.
Comme au Mali, où ceux qui veulent s’inscrire sur la liste électorale doivent se rendre soit à Bamako, soit à Ségou. Idem pour le Niger où c’est Niamey et Maradi qui abritent les opérations.
‘’Parfois même, les Ambassades ou Consulats généraux se trouvent dans des endroits où il y a le moins de Burkinabè, par rapport à d’autres zones où résident la majorité de nos concitoyens. C’est le cas du Maroc où l’enrôlement se tient à Rabat alors que nos ressortissants sont majoritairement à Casablanca, ou de l’Arabie Saoudite où l’opération a lieu à Djeddah alors que nos concitoyens sont plus à la Mecque. C’est aussi le cas du Bénin où nos compatriotes sont plus au Nord alors que l’enrôlement n’y a pas lieu, ou du Canada où les Burkinabè sont plus à Montréal, à Toronto et au Québec, pendant que l’enrôlement doit se passer à Ottawa’’, déplore l’opposition qui relève ‘’le manque de volonté manifeste du Gouvernement’’.
‘’Il nous est aussi revenu que dans certaines localités dont nous taisons pour le moment les noms, des individus proches du pouvoir en place distribuent ouvertement de l’argent à ceux qui s’enrôlent. Il faut également noter le fait que dans deux pays, il y avait des difficultés pour faire entrer les Kits biométriques à cause du lithium dans les batteries des ordinateurs de la CENI’’, se désolent Eddie Komboigo et Carlos Toé.
Au regard de toutes ces difficultés, préviennent-ils, ‘’il est évident que l’opération d’enrôlement des Burkinabè de l’extérieur sera un échec cuisant, comme l’a plusieurs fois prévenu l’Opposition politique’’ et accusent le Pouvoir en place de ne pas vouloir d’un ‘’vote massif de la Diaspora’’. Pour eux, ‘’le MPP et ses alliés veulent d’un vote symbolique et minimal’’ de la Diaspora.
‘’C’est pourquoi nous demandons solennellement au Gouvernement de permettre à l’ONI de proroger les délais de confection des CNIB à l’extérieur, de permettre à la CENI de proroger la période d’enrôlement des Burkinabè de la Diaspora, de permettre la création de sites dans d’autres lieux en accord avec le pays hôte’’, émettent-ils en recommandant au Président du Faso de ‘’prendre les dispositions idoines pour proroger jusqu’au 31 décembre 2021, la validité de ces documents expirés. Ce, conformément aux conclusions du Dialogue politique tenu en juillet 2019’’, compte tenu du nombre de CNIB et de cartes consulaires expirées. En conséquence, ils appellent les Burkinabè de l’extérieur à se mobiliser pour s’enrôler, afin de ‘’pouvoir sanctionner l’échec du MPP le moment venu’’, concluent-ils.
G.MADINA












