‘@Informateur.info- Le grand déballage semble avoir commencé. Après avoir été contraint à la démission de la tête de l’Assemblée nationale et n’étant plus astreint au droit de réserve, Guillaume Soro tient à ce que les Ivoiriens et l’opinion publique sachent les circonstances de son départ du perchoir.
«Le 5 janvier le président m’a reçu et a souhaité que je milite au Rhdp. J’ai expliqué au président que j’ai suivi un homme qui s’appelle Alassane Ouattara pour 3 raisons. La première, c’est parce que l’émotion de l’ivoirité, l’homme de gauche que je suis n’a jamais admis qu’on ségrégue ou qu’on discrimine les citoyens. La deuxième raison c’est qu’il a vécu aux Etats-Unis depuis l’âge de 20 ans comme il dit, donc pour moi, il ne pouvait qu’être imprègne, imbibé des valeurs de la démocratie et des libertés. La troisième raison c’est que c’est un technocrate. Il a fait un Phd en économie. Moi il avait un bon Cv, le bon CV», a indiqué l’ex- PAN dans la deuxième séquence d’une vidéo réalisée dans la foulée de sa démission et publiée, ce mardi 12 février 2019, sur sa page facebook . Et de poursuivre : «Il (ndlr le président Ouattara) m’a dit que le Congrès était important et que si je ne m’y rendais pas, il serait contraint de me demander de rendre ma démission. Ce que j’ai acquiescé sans hésitation d’ailleurs».
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Mais comme si Alassane Ouattara tenait vaille que vaille à voir Soro à ce Congrès, «Le 24 janvier le président me convoque à nouveau. Il me demande si j’avais changé d’idée. Je lui ai dit non Monsieur le président c’était tout réfléchi je ne suis pas Rhdp et que je ne comptais pas me rendre au Congrès. Le président m’a dit dans ces conditions, il faut que je rende ma démission. Je lui ai dit d’accord, il ne reste que nous puisions nous mettre d’accord sur une date de démission», précisera l’ex- Premier ministre de Laurent Gbagbo.
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Décidé à en découdre avec Guillaume Soro, Alassane Ouattara ira jusqu’à violer la séparation des pouvoirs. «Après le 27 je peux vous dire que le président m’a appelé en colère, en me disant que j’avais fait une démission orale et que par conséquent il m’enverrait des émissaires et ces émissaires sont arrivés chez moi le 28 janvier à 17h30. Ils m’ont envoyé une note et m’ont demande de signer ma démission. D’autant plus que selon eux jamais fait une démission orale. Je leur dis que si tant est que j’avais fait une démission orale, je ne suis plus votre interlocuteur. On ne peut pas démissionner pour le même poste deux fois », a-t-il dévoilé. Avant de promettre appeler le Chef de l’Etat lui-même.
«Par la suite j’ai envoyé un courrier au Président pour lui dire que je voulais qu’on préserver la dignité de l’institution parlementaire et que si je devrais démissionner je voulais que ça se passe conformément à la constitution, c’est-à-dire la convocation d’une session extraordinaire», a expliqué Guillaume Soro. Ce qui fut fait le 8 février dernier.
Mais de tout ce qui précède, Guillaume Soro estime : « Qu’on aurait pu attendre l’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée nationale le 1er avril pour que je rende ma démission. Rien ne pressait. Après tout ce que je viens de vous dire si ce n’est pas du harcèlement, on peut parler d’insistance».
Pour l’ex- Président de l’Assemblée nationale, Alassane Ouattara qui était charmeur qui était élégant dans l’opposition…aujourd’hui devenu président n’était plus le même. «Ça ne devrait surprendre personne aujourd’hui que Alassane demande ma démission de la tête du parlement. Comme disait quelqu’un on gagne un père, on perd un père».
Jean François Fall












