La Confédération des organisations de victimes de la crise ivoirienne (COVICI) a initié le jeudi 23 mars 2018, à la CERAO (Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’ouest), aux II Plateaux-Aghien, une rencontre d’échanges avec les institutions étatiques en charge du processus de Justice Transitionnelle pour avoir davantage d’éclairage sur la phase d’indemnisation des victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire.
Le processus d’indemnisation des victimes a encore été au cœur des échanges entre la Covici et les représentants de la Cellule Spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI) qui a aussi en charge le volet exhumation des corps qui conditionne la prise en compte des ayants-droit. Car, selon Mme Kouassi Mireille, représentant le Procureur de la République et responsable de la CSEI ‘’les corps doivent être exhumés pour que les ayants-droit soient indemnisés’’. Elle dira que le processus d’exhumation suit son cours sur l’étendue du territoire, notamment à Duékoué, Guiglo, Blolequin, Soubré, Mabéré, Sago, etc. Pour Chris Anon Simplice, PCA de la COVICI, ‘’la question de l’indemnisation des victimes continue de poser problème’’. Il a surtout déploré ‘’l’opacité’’ qui entoure la phase-pilote d’indemnisation qui n’a pas encore été évaluée. Il a invité la ministre en charge du processus à afficher la liste des 4500 personnes déjà prises en compte dont 3500 ayants-droit et 1000 victimes. Une requête à laquelle la tutelle reste, pour l’instant, sourde. Au grand dam des organisations de défense des victimes. «La réparation est un processus qui doit conduire à la réconciliation», renchérit le PCA de la COVICI qui ne comprend pas le modus operandi du ministère qui semble évoluer dans un ‘’flou artistique’’ qui fait le lit de la ‘’mafia’’ qui sévit dans et autour du processus d’indemnisation des victimes.
Une autre question a aussi fait débat, celle des dossiers rejetés par la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (CONARIV). Selon les chiffres officiels, sur 890000 enregistrés, 376000 ont été validés et 596000 rejetés. «Sur quelle base la CONARIV a-t-elle rejeté les dossiers de certaines victimes ? Comment peut-on rejeter un dossier parce qu’on n’a pas joint le concerné au téléphone ? », s’indigne Anon Simplice qui déplore et dénonce la légèreté avec laquelle ces dossiers ont été retoqués. Quant à Awa Dagnogo, Coordinatrice de la COVICI, elle n’a pas de mots assez forts pour pointer le manque de considération affiché par la tutelle qui n’a pas daigné assister à la rencontre alors que la ministre Mariétou Koné avait donné son accord de principe et qu’elle était en contact avec les responsables de la faîtière. «Le ministère a refusé de venir à la rencontre», regrette-t-elle.
René Ambroise Tiétié












