Les résultats de la contre-expertise, livrés par le laboratoire espagnol de l’institut de médecine légale de l’université de Santiago, sur les prétendus restes des corps de Thomas Sankara et ses compagnons n’ont pas permis d’identifier leur ADN.
Le mystère demeure. Aucun profil génétique n’a pu être établi sur les présumés restes du héros de la révolution burkinabè. Lesquels restes exhumés le 25 mai 2015, soit 2 mois après l’ouverture de l’enquête diligentée par le tribunal militaire. Résultat confirmé par l’un des avocats de la famille Sankara, maitre Bénéwendé Sankara, un peu déçu : « On n’a pas pu identifier l’ADN ». La contre-expertise a révélé le même résultat pour les 12 autres corps.
Cette requête demandée par les familles des victimes du coup d’Etat d’octobre 1987, vient corroborer les précédents résultats livrés par un laboratoire marseillais. En d’autres termes, jusqu’à ce jour, rien ne permet de certifier que la tombe est celle de Sankara ou du moins les restes de corps trouvés dans la supposée tombe sont ceux de Thomas Sankara. Par contre, maitre Bénéwendé Sankara a tenu à préciser : « qu’après l’expertise balistique et l’autopsie, l’ADN reste la seule expertise non concluante ». Avant de rassurer « que les faisceaux de preuves sont déjà suffisants et le dossier à charge bien lourd », pour la poursuite du procès. Et ne croit pas un instant que l’absence d’identification par ADN puisse peser sur le procès à venir.
Quant aux représentants des proches du capitaine, ils disent attendre d’avoir en possession le dossier scientifique complet, avant de donner suite à la démarche à suivre.
Ainsi, 29 ans après la mort de Thomas Sankara, l’on est loin de savoir ce qui s’est réellement passé, au grand dam des familles des victimes. Au demeurant les familles des victimes peuvent se permettre d’espérer, car il aura fallu attendre la chute du régime de l’ex-président Blaise Compaoré pour qu’une enquête soit ouverte en 2015.
Yannick Kobo












