@informateur.ci- La mobilisation des commerçantes porte ses premiers fruits. Après plusieurs jours de contestation contre la flambée des prix du poisson, un accord a été conclu, jeudi 22 octobre 2026, entre le gouvernement ivoirien et les acteurs de la filière portant sur une réduction provisoire de 2 500 FCFA sur les cartons de 20 kg de chinchard et de maquereau.
- Une première avancée dans la lutte contre la vie chère
La colère exprimée par les vendeuses de poisson sur les marchés d’Abidjan semble avoir trouvé un début de réponse. Le mouvement de protestation enregistré le lundi 19 octobre au grand marché d’Abobo, notamment aux environs de la gare routière, a mis en lumière les difficultés croissantes des commerçantes confrontées à l’augmentation du coût de leur approvisionnement.
Face à cette situation, les vendeuses avaient dénoncé, bruyamment, des hausses jugées insupportables, susceptibles de compromettre leurs activités et de rendre le poisson encore moins accessible aux ménages. Dans certains cas rapportés par la presse locale, le carton de chinchard serait passé de 20 000 à 35 000 FCFA, accentuant la colère des détaillantes.
- Un compromis obtenu après la mobilisation
La protestation des commerçantes a contribué à placer la question du prix du poisson au cœur des préoccupations publiques. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a réuni les différents acteurs de la filière, notamment les importateurs, les grossistes, les demi-grossistes, les détaillants et les représentants des consommateurs.
Au terme des discussions, ce jeudi, les parties ont convenu d’une baisse provisoire de 2 500 FCFA sur les cartons de 20 kg de chinchard et de maquereau. Ainsi, le prix de ces cartons passe de 33 000 à 30 500 FCFA.
Cet accord constitue un premier soulagement pour les commerçantes, dont les revendications portaient sur les difficultés d’approvisionnement et la hausse des prix d’achat.
- Le défi de la répercussion sur les marchés
Si cette réduction représente une avancée, la question essentielle demeure celle de son application effective. Pour les consommateurs, il ne suffit pas que le prix du carton baisse chez les fournisseurs : cette diminution doit également se répercuter sur les prix pratiqués au détail.
Le gouvernement entend ainsi mettre en place un mécanisme de suivi pour vérifier l’application de la mesure sur toute la chaîne de distribution. La création annoncée d’un observatoire de la formation des prix et des marges devrait également permettre de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent aux augmentations constatées sur les marchés.
Au-delà du poisson, cette affaire remet sur la table la question du pouvoir d’achat des ménages ivoiriens. Produit très présent dans l’alimentation quotidienne, le poisson occupe une place importante dans le budget des familles, notamment les plus modestes.
La baisse annoncée apparaît donc comme une victoire d’étape pour les commerçantes mobilisées. Mais elle ne règle pas définitivement le problème, puisque l’accord demeure provisoire et concerne, à ce stade, deux espèces de poisson.
Pour les vendeuses comme pour les consommateurs, le véritable succès se mesurera désormais à la baisse réellement constatée sur les étals. Après la rue et les négociations, c’est donc sur les marchés que se jouera la prochaine étape de ce bras de fer autour de la cherté de la vie.
Geneviève MADINA












