@informateur.ci- Le gouvernement nigérien a décidé d’interdire l’exportation de l’essence et du gazole afin de garantir l’approvisionnement du marché national, dans un contexte marqué par les perturbations de l’offre mondiale de carburants liées aux tensions au Moyen-Orient.
Cette mesure vise à préserver la disponibilité des produits pétroliers sur le territoire nigérien et à prévenir d’éventuelles difficultés d’approvisionnement. Elle intervient alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient font peser des incertitudes sur les marchés internationaux de l’énergie.
Selon un communiqué du ministère nigérien du Commerce et de l’Industrie, rapporté samedi par l’Agence de presse nigérienne (ANP), les exportations de carburants sont désormais suspendues. Les sociétés publiques intervenant dans les secteurs pétrolier et gazier sont directement concernées par cette décision.
Le gouvernement prévoit toutefois une exception en cas de surplus. « En cas d’excédent de production », toute opération d’exportation devra préalablement faire l’objet d’une «autorisation spéciale » délivrée par le ministre du Commerce. Cette disposition doit permettre aux autorités de conserver un contrôle sur les volumes disponibles et de donner la priorité aux besoins du marché intérieur.
La décision intervient alors que le Niger cherche à renforcer son autonomie énergétique. Le pays a commencé la production commerciale de pétrole en 2011, développant progressivement ses activités dans le secteur des hydrocarbures.
Au cœur de ce dispositif figure la Société de raffinage de Zinder (SORAZ), raffinerie publique implantée dans la région de Zinder. L’installation dispose d’une capacité d’environ 20 000 barils de pétrole par jour. Cette production demeure cependant limitée au regard des besoins du marché national, ce qui rend la sécurisation des stocks de carburants particulièrement importante.
À travers l’interdiction des exportations, les autorités nigériennes entendent donc privilégier la consommation nationale et limiter l’impact des perturbations extérieures sur le marché local. La possibilité d’autoriser exceptionnellement des exportations en cas d’excédent permet néanmoins de maintenir une certaine flexibilité pour les opérateurs publics.
Cette mesure illustre également la volonté du Niger de mieux protéger son marché énergétique face aux fluctuations internationales. Avec les tensions persistantes au Moyen-Orient, les autorités anticipent d’éventuels effets sur les chaînes d’approvisionnement et souhaitent éviter qu’une réduction de l’offre mondiale ne se traduise par des pénuries sur le marché intérieur.
Le gouvernement nigérien place ainsi la sécurité de l’approvisionnement national au cœur de sa politique énergétique, en réservant les éventuels surplus de production à des exportations soumises à un contrôle préalable.
Djah OPELY












