@informateur.ci- La Côte d’Ivoire accélère le développement de son secteur aurifère, avec l’ambition de devenir le premier producteur d’or en Afrique à l’horizon 2035. Mais cette progression s’accompagne d’un défi majeur : une importante partie de la production issue de l’exploitation artisanale et semi-industrielle échappe encore aux circuits officiels.
Selon l’organisation SWISSAID, la production d’or non déclarée en Côte d’Ivoire serait comprise entre 30 et 40 tonnes ces dernières années. Ces volumes illustrent les difficultés persistantes de traçabilité et de régulation d’une filière appelée à jouer un rôle croissant dans l’économie ivoirienne.
Le ministre des Mines, Mamadou Sangafowa- Coulibaly, a réaffirmé le 16 septembre l’objectif du gouvernement de hisser le pays au premier rang des producteurs africains d’ici 2035. La Côte d’Ivoire occupait encore le huitième rang continental en 2025, avec une production passée d’environ 13,2 tonnes en 2012 à 59,33 tonnes l’an dernier. La production attendue pour 2026 est estimée à environ 62 tonnes.
Pour soutenir cette dynamique, plusieurs projets miniers sont en développement. La mine de Koné, portée par le canadien Montage Gold, doit notamment entrer en production d’ici la fin de 2026. D’autres projets, notamment Assafou d’Endeavour Mining, Doropo de Resolute Mining et Afema de Turaco, doivent renforcer les capacités nationales dans les prochaines années.
Le gouvernement mise également sur la transformation locale. Une unité d’affinage, dont la mise en service est prévue au premier semestre 2027, devrait disposer d’une capacité de traitement d’environ 100 tonnes d’or par an.
La petite mine constitue également un axe stratégique. La Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP), en cours d’opérationnalisation, doit notamment contribuer à encadrer l’exploitation semi-industrielle, gérer le comptoir national d’achat d’or et favoriser la transformation et la commercialisation du métal précieux. Avec un potentiel aurifère estimé à 600 tonnes, la Côte d’Ivoire dispose de marges importantes de croissance.
Toutefois, l’écart avec le Ghana reste considérable. Ce dernier a produit environ 186,6 tonnes d’or en 2025. La formalisation de l’exploitation artisanale et la réduction des volumes non déclarés apparaissent ainsi comme des enjeux importants pour concrétiser les ambitions ivoiriennes.
Djah OPELY












