@informateur.ci- Un nouveau dispositif pour prévenir une nouvelle flambée de tensions a été mis en place à Gueya, village rattaché à la sous-préfecture de Tiobli, dans le département de Toulepleu. Le mercredi 30 septembre 2026, le sous-préfet de Bakoubly, Laurent-Mathieu Bialy, représentant le préfet de Toulepleu et assurant l’intérim de son collègue de Tiobli, actuellement en congé, a conduit une mission d’apaisement dans cette localité.
Cette démarche de l’administration intervient après un conflit intercommunautaire qui aurait fait plusieurs blessés et fortement dégradé les relations entre différentes composantes de la population. À l’origine des tensions, un incident lié à un vol présumé dans une plantation de cacao appartenant à un membre d’une communauté allogène, suivi d’une altercation au cours de laquelle une femme aurait été violentée.
Face aux conséquences de cet épisode, les activités économiques et sociales ont été perturbées dans le village. Les autorités ont donc privilégié le dialogue afin de rétablir la confiance et d’éviter toute escalade.
À l’ouverture de la rencontre, Laurent-Mathieu Bialy a clairement défini le cadre de sa mission. « Je suis venu ici en paix. Je ne suis pas venu prendre parti. C’est au nom de la République de Côte d’Ivoire que je suis là », a-t-il déclaré.
L’administrateur a insisté sur la nécessité de privilégier l’écoute et la retenue, rappelant qu’il n’était pas chargé de juger les personnes impliquées. «Je ne suis pas juge. Je n’ai pas qualité de juger quelqu’un. Je suis administrateur de territoire », a-t-il précisé, ajoutant que les différentes préoccupations exprimées seraient transmises au préfet de Toulepleu.
Le sous-préfet a également exprimé sa compassion aux personnes qui auraient subi des violences ainsi qu’aux sages du village, qui considèrent que certains usages et coutumes ont été bafoués. Il a surtout appelé les populations à éviter les amalgames et les représailles.
L’autorité administrative a notamment évoqué la fermeture récente de commerces appartenant à certaines personnes installées depuis longtemps dans le village et vivant jusque-là en bonne intelligence avec les populations autochtones. Elle a estimé que de telles mesures risquaient d’entretenir la méfiance et de fragiliser davantage la cohésion sociale.
Les échanges ont également permis aux représentants des différentes communautés de faire entendre leurs préoccupations. Le chef du village a plaidé pour l’apaisement et le respect des us et coutumes. Le représentant du Conseil des sages, Zilé Marcellin, a pour sa part, insisté sur certaines pratiques traditionnelles prévues lorsqu’un acte de violence a entraîné un écoulement de sang.
Il a notamment évoqué l’éloignement temporaire du village des personnes considérées comme responsables, afin de permettre l’accomplissement de cérémonies coutumières. Sur ce point, l’administration a rappelé que les pratiques traditionnelles doivent s’exercer dans le respect du droit ivoirien.
«La coutume n’est pas au-dessus de la Constitution, la coutume n’est pas au-dessus de la loi de la Côte d’Ivoire », a souligné Laurent-Mathieu Bialy.
Les représentants religieux ont également appelé au pardon et au dialogue. Zilé Germain, représentant des guides religieux, a encouragé les populations à privilégier l’apaisement. De son côté, Zida Adamo, représentant des communautés allogènes, a proposé la création d’un cadre permanent de dialogue entre les différentes composantes de la population.
À l’issue des discussions, l’administration a relevé une volonté commune de parvenir à la paix, même si plusieurs préoccupations restent à résoudre. Les populations autochtones souhaitent notamment la préservation de leurs us et coutumes, tandis que les communautés allogènes demandent des garanties pour la sécurité des personnes et des biens.
Pour répondre à ces attentes, un comité de suivi a été installé. Il aura pour mission d’accompagner le retour au calme, de faciliter la reprise des activités agricoles et commerciales et de maintenir un dialogue régulier entre les communautés.
Le comité devra également contribuer à examiner les éventuelles sanctions de manière individualisée, afin d’éviter toute mesure collective visant indistinctement une communauté. Les décisions devront respecter les lois et règlements de la République.
La prévention d’une nouvelle crise figure aussi parmi ses priorités. Sensibilisation, dialogue permanent, alerte précoce et transmission régulière des informations aux autorités devront permettre de détecter rapidement les signes de nouvelles tensions.
À Gueya, l’enjeu est désormais de transformer l’accalmie en paix durable. Le retour des agriculteurs dans les plantations, la reprise du commerce et la libre circulation des femmes vers les marchés constituent des objectifs essentiels. L’administration appelle ainsi les populations à renoncer aux représailles et à privilégier le recours aux autorités compétentes.
La mise en place du comité de suivi marque donc une nouvelle étape dans la recherche de la cohésion sociale à Gueya. Elle doit permettre de restaurer progressivement la confiance et de créer les conditions nécessaires à la reprise normale des activités dans le village.
Djah OPELY












