@informateur.ci- La Côte d’Ivoire a affiché, mercredi 25 février, sa volonté de faire de l’aquaculture un pilier de sa souveraineté alimentaire et de sa croissance durable, à l’occasion du 62e Salon international de l’agriculture (SIA 2026) de Paris, où elle est le pays invité d’honneur.
Lors d’une masterclass consacrée à l’économie bleue, le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), conduit par le ministre Sidi Tiémoko Touré, a présenté les ambitions nationales en matière de production halieutique. La session a été animée par le coordonnateur adjoint du Programme stratégique de transformation de l’aquaculture en Côte d’Ivoire (PSTACI), Ouattara Lacinan.
En Côte d’Ivoire, les produits de la pêche et de l’aquaculture constituent la première source de protéines animales, avec une consommation moyenne supérieure à 20 kg par habitant et par an. Toutefois, la production nationale demeure largement en deçà des besoins. Pour une demande annuelle estimée à 650 000 tonnes, l’offre locale avoisine 110 000 tonnes, soit un déficit structurel dépassant 80 %. Ce déséquilibre alimente une forte dépendance aux importations de poissons congelés, évaluées à près de 400 milliards FCFA par an, fragilisant la sécurité alimentaire et accentuant la pression sur les ressources naturelles.
Pour inverser la tendance, le gouvernement mise sur une stratégie d’économie bleue axée sur la valorisation durable des 550 km de façade maritime, des 150 000 hectares de lagunes, des 350 000 hectares de lacs et des grands bassins fluviaux. Malgré ces atouts, la production aquacole ne s’élevait qu’à 9 915 tonnes en 2024, réparties entre 1 076 fermes piscicoles et six écloseries publiques.
Les autorités mettent en avant plusieurs niches d’investissement, de la production d’alevins à la transformation (fumage, congélation, conserverie), dans le cadre de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022-2026). Pour le ministre, l’essor de l’aquaculture représente à la fois une opportunité économique majeure et un projet structurant pour la souveraineté alimentaire du pays.
Djah OPELY













