@informateur.ci- La Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) présidée par l’ancien Premier ministre Affi N’guessan Pascal, par ailleurs président du FPI, a vivement critiqué la décision du gouvernement de transmettre directement à l’Assemblée nationale le projet de loi portant création du nouvel organe électoral, sans engager, selon elle, un véritable dialogue avec les partis politiques et les autres acteurs nationaux.
Dans une déclaration publiée le 4 juillet 2026 à Abidjan, la coalition affirme avoir pris connaissance « avec une profonde inquiétude » des propos du porte-parole du gouvernement, tenus à l’issue du Conseil des ministres du 1er juillet. Celui-ci avait annoncé que le texte serait soumis au Parlement sans nouvelle phase de concertation.
La CAP-CI rappelle que la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) avait été justifiée par les autorités comme une réponse aux contestations de la classe politique. Pour la coalition, cette réforme constituait une occasion de bâtir un consensus national autour d’un organe électoral crédible et indépendant.
Elle indique avoir favorablement accueilli l’initiative du Premier ministre visant à présenter la future architecture de l’institution aux partis politiques et aux organisations de la société civile. Toutefois, elle estime que cette rencontre devait marquer le début d’un véritable processus de concertation portant sur la composition, les missions, le fonctionnement et les garanties d’indépendance du futur organe électoral.
Selon la CAP-CI, la consultation organisée s’est limitée à une simple présentation du projet, sans possibilité d’échanges ou d’amendements. «Informer n’est pas dialoguer», souligne la coalition, qui considère que la réforme de l’organe électoral dépasse le cadre d’une loi ordinaire et constitue un enjeu majeur pour la crédibilité des scrutins et la stabilité du pays.
La plateforme d’opposition regrette également que le pouvoir n’ait pas, selon elle, tiré les enseignements des crises électorales ayant marqué la Côte d’Ivoire au cours des trois dernières décennies. Elle estime que la confiance des acteurs politiques et des citoyens ne peut être obtenue que par une démarche inclusive fondée sur le consensus.
La CAP-CI appelle ainsi le président de la République, le gouvernement et la majorité au pouvoir à ouvrir un dialogue politique réunissant partis politiques, organisations de la société civile et experts électoraux avant l’examen du texte par les députés. Elle affirme qu’une réforme élaborée de manière consensuelle constituerait un facteur essentiel de paix durable et de consolidation de la démocratie ivoirienne.
Djah OPELY












