@informateur.ci- Guillaume Soro assume sa démarche de demande de pardon. Le président de Générations et peuples solidaires (GPS), ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, estime que reconnaître ses fautes ne constitue ni une faiblesse ni un motif de honte. Il inscrit cette démarche dans une conception religieuse et morale de la responsabilité.
Dans une déclaration adressée à ses partisans, l’ancien chef du gouvernement a expliqué les raisons qui le conduisent à demander pardon, alors que cette démarche suscite parfois des interrogations au sein de son entourage politique.
«Je voudrais expliquer à mes partisans qui s’interrogent quelquefois pourquoi leur président demande pardon », a-t-il déclaré. Guillaume Soro a d’abord évoqué sa foi catholique et l’importance qu’elle accorde à l’humilité.
Selon lui, cette notion d’« humilité ontologique » repose sur la conviction que nul être humain n’est parfait et que chacun est susceptible de commettre des fautes. Il rappelle notamment le rôle du repentir dans la pratique religieuse.
«On nous a appris l’humilité ontologique. C’est le fait que nous considérons qu’il n’y a pas d’homme parfait sur la terre et qu’il y a le péché originel », a-t-il expliqué.
Pour Guillaume Soro, la reconnaissance des fautes constitue ainsi une étape essentielle de la vie spirituelle. Il fait référence au moment de la confession et du repentir dans la liturgie catholique, au cours duquel le croyant reconnaît avoir pu pécher « en pensée, en parole, en action et même par omission ».
L’ancien président de l’Assemblée nationale estime que ces principes religieux peuvent également influencer le comportement des responsables publics. Il considère que les convictions personnelles ne disparaissent pas lorsque l’on accède à des responsabilités politiques.
«Même quand nous avons des responsabilités politiques, évidemment, cela peut impacter notre façon de gérer, notre façon de gouverner », a-t-il souligné.
Au-delà de sa propre confession, Guillaume Soro élargit sa réflexion aux différentes traditions religieuses présentes dans la société. Il estime que les valeurs liées au repentir, à l’humilité et au pardon peuvent trouver leur place dans la vie collective, quelles que soient les croyances.
Il rejette donc l’idée selon laquelle demander pardon serait une manifestation de faiblesse. Pour lui, cette démarche relève au contraire d’une forme de courage et de responsabilité.
« Pour moi, demander pardon, ce n’est pas une faiblesse, on n’a pas à avoir honte. Parce que nous ne sommes pas parfaits », a-t-il affirmé.
Guillaume Soro établit toutefois une distinction entre le pardon sur le plan moral et les éventuelles conséquences judiciaires des actes commis. À ses yeux, une démarche de repentance ne saurait se substituer à la justice.
«Quand nous demandons pardon, cela à mon avis est plutôt une force qui libère. Évidemment, la responsabilité pénale reste à la justice », a-t-il précisé.
Il reconnaît en revanche une responsabilité collective des acteurs politiques sur les plans moral et politique. «La responsabilité politique et morale nous incombe à nous tous les acteurs politiques », a conclu le président de GPS.
Cette prise de position traduit ainsi la volonté de Guillaume Soro de présenter sa démarche de pardon comme un acte d’humilité et de responsabilité, tout en distinguant clairement la réconciliation morale des procédures relevant de la justice.
Djah OPELY












