@informateur.ci- En pleine célébration du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance, la Côte d’Ivoire est secouée par de graves accusations de violations des droits humains. La Fondation internationale pour l’observation et la surveillance des droits de l’homme et de la vie pacifique (FIDHOP), dirigée par Dr Gervais Boga Sako, dénonce depuis juin 2025 une vague d’enlèvements, d’arrestations arbitraires et de tortures, sur fond de tensions préélectorales à quelques mois du scrutin présidentiel d’octobre.
Selon l’ONG, ces exactions auraient lieu dans des lieux de détention officieux, tels que les sous-sols de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), l’ancien hôtel Sebroko — ex-siège de l’ONUCI — ou encore l’école de la Gendarmerie nationale. La FIDHOP cite notamment le cas d’« Alino Faso », cyberactiviste burkinabé arrêté en janvier 2025, décédé récemment à l’école de la Gendarmerie.
Les formations politiques d’opposition confirment ces alertes. Le PDCI-RDA de Tidjane Thiam affirme que six jeunes cadres de son parti, dont Yao Innocent (JPDCI rurale) et Kouadio N’Dri Henri Joël (JPDCI universitaire), ont été arrêtés depuis juillet.
De son côté, le PPA-CI de Laurent Gbagbo déplore la disparition de plusieurs militants, parmi lesquels Pascale Zaholy, députée suppléante de Yopougon, et Kado Gnégbre. Certains responsables politiques affirment avoir échappé de justesse à ces opérations menées par des « encagoulés » et se trouvent aujourd’hui en exil. C’est le cas de Dr Gervais Boga Sako, de Dr Bredoumy Soumaila (porte-parole du PDCI) et de Dr Osman Chérif (JPDCI).
Dans sa déclaration, la FIDHOP rappelle que la torture, les disparitions forcées et les détentions arbitraires sont prohibées par la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Code pénal ivoirien et plusieurs conventions internationales ratifiées par la Côte d’Ivoire. L’organisation souligne que ces crimes relèvent non seulement de la compétence des juridictions nationales, mais aussi de la Cour pénale internationale (CPI), en vertu du Statut de Rome.
Dr Boga Sako met en garde contre le risque d’escalade à l’approche de l’échéance électorale et estime que le silence des autorités équivaut à une complicité passive. Il rappelle que, selon le droit international, l’inaction face à de telles violations engage la responsabilité pénale des plus hauts responsables de l’État.
Face à cette situation, la FIDHOP annonce son intention de saisir la CPI. Elle interpelle le gouvernement et le procureur de la République afin de mettre un terme immédiat à ces pratiques, qu’elle juge indignes d’un État de droit. La déclaration a été signée le 7 août 2025, depuis Washington, par le président-fondateur de la FIDHOP, qui promet d’alerter également d’autres instances internationales.
Yannick KOBO












