@informateur.ci- La Côte d’Ivoire multiplie les initiatives pour freiner la fuite des cerveaux et encourager le retour de ses talents formés à l’étranger. Dans un contexte où de nombreux jeunes diplômés africains cherchent des opportunités hors du continent, le gouvernement ivoirien a lancé, jeudi 13 novembre 2025, une vaste campagne de sensibilisation destinée à inciter les étudiants ivoiriens à revenir mettre leurs compétences au service du pays.
La cérémonie s’est tenue à l’auditorium du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, en partenariat avec l’ambassade des États-Unis. L’objectif : rappeler aux étudiants installés à l’étranger, en particulier aux États-Unis, qu’ils ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de la nation.
Sur la page Facebook du ministère de la Promotion de la jeunesse, un message fort a été relayé : «Et si ton avenir s’écrivait ici, en Côte d’Ivoire ? Tu as brillé aux États-Unis, acquis une expertise rare. Maintenant, le pays a besoin de tes talents. (…) L’heure est au retour, l’heure est à l’action !» Un texte qui résume l’esprit de cette campagne construite autour du slogan : «Le rêve américain n’efface pas le devoir ivoirien».
Lors du lancement, l’ambassadrice des États-Unis, Jessica Ba, a insisté sur l’importance du respect des règles de visa. «Le visa n’est pas un droit. Il est une opportunité exceptionnelle d’apprentissage (…) et aussi une responsabilité », a-t-elle déclaré. De son côté, Justine Aya Koffi, ancienne étudiante ivoirienne aux États-Unis et aujourd’hui cadre à la Banque africaine de développement (BAD), a témoigné de son choix de revenir : «C’est ici que mes compétences prennent tout leur sens.»
Cependant, le gouvernement n’a pas encore détaillé les mesures concrètes d’accueil ou les éventuelles incitations prévues pour faciliter le retour des diplômés. La question de leur intégration, que ce soit dans l’administration, le secteur privé ou les projets nationaux, demeure ouverte.
Cette initiative intervient alors que les intentions d’émigration restent élevées. Selon l’OCDE, le nombre d’étudiants ivoiriens à l’étranger est passé de 6 000 en 2014 à plus de 10 000 en 2024, et près de 50 % des diplômés du supérieur, formés en Côte d’Ivoire expriment le désir de s’installer à l’étranger.
Djah OPELY













