@informateur.ci- La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Invité de l’émission Gouv’Talk diffusée ce jeudi 11 juin sur les plateformes officielles du gouvernement, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a présenté les grandes orientations de l’État pour faire du pays un véritable hub technologique en Afrique de l’Ouest.
L’annonce phare de cette intervention concerne l’arrivée prochaine de Starlink sur le marché ivoirien. Le ministre a révélé qu’un arrêté autorisant la filiale de SpaceX à déployer ses services d’internet par satellite sur l’ensemble du territoire national a récemment été signé. Prévu dès juillet 2026, ce lancement s’inscrit dans le cadre d’une autorisation provisoire de douze mois destinée à évaluer l’activité avant l’octroi définitif de la licence. Le coût final de cette dernière sera déterminé en fonction des revenus générés, tout en préservant l’équilibre concurrentiel avec les opérateurs déjà présents sur le marché.
Djibril Ouattara s’est également montré optimiste quant au déploiement de la 5G par les opérateurs locaux à la même échéance. Dans cette dynamique, le gouvernement prévoit de connecter 300 nouvelles localités de plus de 800 habitants au réseau GSM dès l’année prochaine. Plus de 25 000 habitants supplémentaires devraient aussi bénéficier de la couverture 5G, tandis que l’extension du réseau de fibre optique se poursuivra dans une quarantaine de villes.
Ces projets s’inscrivent dans le cadre du Programme national de connectivité rurale (PNCR), qui ambitionne de faire progresser le taux de couverture internet du pays de 95 % à 98 %, notamment dans les zones rurales et les villages les plus isolés.
Sur la question du coût de l’internet, le ministre a estimé que la baisse durable des tarifs passera avant tout par une augmentation du nombre d’utilisateurs et des usages numériques. Il a par ailleurs dénoncé la prolifération des « wifi zones » illégales, considérées comme une fraude technique et fiscale pénalisant les opérateurs agréés.
Au-delà des infrastructures, la stratégie numérique ivoirienne repose sur sept piliers majeurs, dont la cybersécurité, le développement des compétences numériques, la confiance digitale, l’encadrement éthique des technologies et la promotion du commerce électronique. La modernisation de la Poste de Côte d’Ivoire figure également parmi les priorités afin de soutenir la croissance du e-commerce.
Le gouvernement poursuit en parallèle un vaste programme de dématérialisation de l’administration. Quarante projets structurants sont actuellement en cours, avec l’objectif de mettre en service 100 démarches numériques cette année, puis 200 supplémentaires en 2027. À terme, près de 700 services publics devraient être accessibles via un portail unique.
L’intelligence artificielle occupe également une place centrale dans cette feuille de route. Dès juillet, une consultation nationale sera lancée pour recueillir les attentes des citoyens autour d’une IA souveraine ivoirienne. Les autorités envisagent déjà des applications dans la télémédecine, l’assistance juridique et l’amélioration de la productivité des entreprises.
Pour accompagner cette ambition, un datacenter est en construction au Village des technologies de l’information et de la biotechnologie (VITIB). Ce projet s’accompagne du développement d’un cloud d’État et d’un hub dédié à l’intelligence artificielle. Les autorités travaillent également à la refonte du VITIB, en s’inspirant notamment des modèles numériques développés par l’Estonie et le Cap-Vert.
Djah OPELY












