@informateur.ci- Sous pression depuis le blocage de la commercialisation du cacao et réduite à un rôle d’observateur dans l’opération de rachat menée par le Conseil du Café-Cacao, l’organisation interprofession Café-cacao a enfin décidé de s’assumer. Ce qu’elle aurait dû faire depuis longtemps. Qu’à cela ne tienne ! Mieux vaut tard que jamais.
De fait l’organisation présidée par Siaka Diakité convoque les producteurs de café-cacao, les transformateurs et les commerçants à une grande rencontre de concertation ce jeudi 26 février 2026 à Yamoussoukro. Objectif affiché : passer en revue la situation actuelle du blocage et l’opération de rachat qui se fait à pas de tordue. Si l’on en croit le communiqué de l’OIA-Café-Cacao, les échanges et les propositions qui vont être débattus à cette rencontre feront l’objet d’une motion consensuelle qui sera adressée au gouvernement.
Cette rencontre se présente comme une réelle opportunité pour les producteurs et les sociétés coopératives qui ont beaucoup à perdre dans ce blocage de la commercialisation, pour dire leur part de vérité. A moins d’un mois de la fin de la grande campagne cacaoyère (31 mars prochain), le point réel des stocks devrait être connu. Et Dieu seul sait que ce stock est bien loin des 123.000 tonnes inventoriées en mi-janvier par le Conseil du Café-Cacao. Qui va payer la compensation, si après avoir fait payer le kg à 2800 FCFA auprès des producteurs sans pouvoir le vendre, les sociétés coopératives devraient être obligées d’écouler leurs stocks après le 1er avril à moins de 1500 kg? L’évidence étant que les prix vont chuter.
Cette rencontre se présente comme une réelle opportunité pour les producteurs et les sociétés coopératives qui ont beaucoup à perdre dans ce blocage de la commercialisation, pour dire leur part de vérité.
Les pertes, il faut s’y attendre, seront importantes et fragiliseront davantage le pouvoir d’achat du producteur qui n’entrera pas en possession de son dû. Et la faute incomberait au Conseil du Café-Cacao. Il faut donc anticiper la seconde crise qui se profile à l’horizon. C’est en cela que la rencontre de concertation voulue et convoquée par l’OIA-Café-Cacao doit permettre aux langues de se délier pour exiger de l’État une garantie claire de ce qui sera fait des stocks non inventoriés.
Le débat pourrait être poussé plus loin sur les prélèvements liés au système de stabilisation. Où est passé l’argent du cacao que l’on prélève depuis 14 ans dans le cadre de la stabilisation pour que ce fonds ne puisse pas être activé pour résorber cette crise. Demain à Yamoussoukro, la parole sera aux producteurs en colère. Nul doute que des vérités crues seront entendues.
Jean François FALL













