@informateur- L’ex-président du Faso, Roch Kaboré, a brillé par son absence, vendredi, à la rencontre des anciens chefs d’État du Burkina Faso avec les autorités militaires de la transition.

Pour expliquer le boycott de la rencontre, Roch Kaboré a indiqué, dans une conférence de presse à sa résidence, que ses partisans se sont opposés à sa participation à la dite rencontre par un blocus devant sa résidence. A l’évidence, cet argument ne tient pas d’un iota pour diverses raisons.

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D’abord, lui qui a snobé la réconciliation durant son règne ne veut vraiment pas la paix pour son pays. Surtout qu’il aura à regarder dans les yeux, son “faiseur” Blaise Compaoré dont il n’est pas étranger à la chute en 2014. Dans quelle posture serait-il?

Ensuite, selon diverses sources, Roch Kaboré raconterait en privé que c’est un piège que Jean-Baptiste Ouédraogo lui avait tendu pour prendre part, le mardi 21 juin 2022, à la rencontre avec le lieutenant colonel Paul-Henri Damiba, président du Faso. Selon lui, M. Ouédraogo lui avait demandé de l’accompagner, simplement, à Kosyam sans lui notifier qu’il s’agirait d’une rencontre avec Paul-Henri Damiba. Et ça “l’homme ne l’a pas digéré surtout que son parti (ndlr: MPP) en était désabusé”, assure une source proche de ce parti.

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De fait, Roch Kaboré qui ne voulait plus se mettre à dos la direction et les militants du MPP, a préféré décliner l’invitation de ce vendredi 8 juillet. D’où la mise en scène du “blocus” des militants devant sa résidence. A ce propos, il dira en substances que “c’est une histoire d’opinion. Ces personnes ont le droit de s’exprimer et donner leur point de vue”, a-t-il dédouané les manifestants qui l’ont empêché de sortir de sa résidence.

Au total, Roch Kaboré a la rancune tenace. Sinon, comment une personnalité qui a fait de la réconciliation nationale son cheval de bataille durant sa présidence peut-il décliner une tribune où la réconciliation est au menu? C’est à y perdre son latin.

Geneviève MADINA