@informateur.ci- Les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie connaissent un nouveau regain de tension. Selon la chaîne publique Algérie Internationale, les autorités algériennes ont décidé de considérer l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, comme persona non grata, à la suite de déclarations jugées « offensantes et provocatrices » à l’égard de l’État algérien.
L’annonce a été rendue publique dans la nuit de dimanche à lundi, lors de l’émission hebdomadaire Hebdo Show Algeria. « Je le dis et je le répète haut et fort : l’ambassadeur de France, Stéphane Romatet, est persona non grata en Algérie, car son comportement ne respecte ni la diplomatie ni les usages diplomatiques en vigueur », a-t-il affirmé à l’antenne.
Cette décision intervient après la diffusion, jeudi dernier sur la chaîne publique française France 2, d’un documentaire consacré aux relations franco-algériennes. Dans ce film, Stéphane Romatet évoquait de supposées implications des autorités algériennes dans une « tentative d’enlèvement » visant un blogueur algérien résidant en France, qualifié de « terroriste » par Alger, selon les autorités algériennes. L’ambassadeur est intervenu par visioconférence depuis Paris, où il avait été rappelé en avril dernier.
Ce rappel faisait suite à l’expulsion par Alger de douze agents consulaires français, en réaction à l’arrestation en France d’un diplomate algérien soupçonné d’être impliqué dans cette affaire. Après la diffusion du documentaire, l’Algérie a convoqué samedi le chargé d’affaires de l’ambassade de France, dénonçant un « tissu de mensonges et d’allégations comportant de graves offenses ».
Dans un communiqué, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé son « rejet catégorique » de ce qu’il considère comme une implication de l’ambassadeur français « dans des actes contraires à l’exercice de ses fonctions, tels que définis par les lois et usages internationaux ». Si la mesure de persona non grata est officiellement confirmée, Stéphane Romatet ne pourra plus exercer ses fonctions en Algérie, même en cas de normalisation future des relations.
Par ailleurs, toujours au nom du principe de réciprocité, les autorités algériennes auraient interdit à la famille du journaliste français
Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour des faits liés à une organisation qualifiée de terroriste, de lui rendre visite. Cette décision répondrait, selon des sources citées par Badis Khenissa, à l’interdiction faite par la France à la famille du diplomate algérien détenu depuis avril de lui rendre visite.
Ces développements s’inscrivent dans une détérioration progressive des relations entre Alger et Paris, réduites au niveau de chargés d’affaires. Les tensions se sont accentuées depuis le 30 juillet 2024, date à laquelle la France a reconnu la proposition marocaine de règlement du conflit du Sahara.
Djah OPELY





