Fernand Ahilé: «Au PPA-CI, c’est Nady Bamba, la vraie patronne!»

Fernand Ahilé

@Informateur.ci- Ex-Secrétaire national technique du PPA-CI en charge de la communication et de l’organisation des manifestations, Fernand Ahilé parle de son limogeage et dénonce la mainmise de Nady Bamba, épouse de Laurent Gbagbo, sur le PPA-CI, parti créé par ce dernier. Il profite de l’occasion pour réaffirmer son soutien à Ahoua Don Mello, tout en assénant certaines vérités bien senties à la direction de ce parti.

Je l’ai regrettée. J’ai trouvé que c’est une décision qui a été prise de façon irrégulière parce que je n’ai pas été saisi par un courrier physique. Je n’ai pas été écouté non plus. J’ai produit un article pour parler de mon état d’esprit. Je regrette et je trouve que c’est dommageable pour un si grand parti comme le PPACI, qui est dirigé par le président Laurent Gbagbo, un leader incontesté. Je trouve que cette manière de faire n’est pas bonne.

Je suppose que c’est à cause de ma déclaration publique et de mon soutien à Don Mello que j’ai été débarqué. Sinon, le communiqué qui annonce mon limogeage ne le dit pas. J’ai trouvé le communiqué un peu flou parce qu’il parle du fonctionnement des VPE (Vice-président exécutif), du SG (Secrétaire général), des SNT (Secrétaire national technique)… Ils doivent donc produire des rapports, mais automatiquement on tombe sur la démission de mes fonctions. Je trouve le communiqué d’ailleurs pas trop détaillant. Même si on me reproche de n’avoir pas produit de rapport d’activités, mais la date avait été prorogée jusqu’au 31 juillet 2025. Donc j’avais encore du temps en tant que SNT pour déposer mon rapport auprès de la direction. Si c’est à propos de cela que je suis débarqué, je trouve que cela ne tient pas. J’ai apporté mon soutien à Don Mello parce qu’il propose une idée novatrice au parti. Il a parlé de ‘’candidature de précaution’’. Il dit que c’est pour proposer deux ou trois candidatures autres que celle de Laurent Gbagbo, qui avait été validé par la convention du parti, et dont le nom ne figure pas sur la liste électorale. C’est pour pallier ce blocage qu’il propose des ‘’candidatures de précaution’’. Il a également dit que si la candidature de Laurent Gbagbo venait à être validée par le Conseil constitutionnel, alors les deux ou autres candidatures suscitées seraient caduques. C’est une proposition pour éviter que le PPACI ne fasse encore la politique de la chaise vide.

Ils refusent de tenir le débat en interne. Avant moi, le camarade Kouakou Dapa Donatien avait saisi le Comité de contrôle pour dire qu’en l’état actuel des choses, le président Laurent Gbagbo est inéligible, et qu’il fallait qu’il s’autosaisisse pour étudier la question. Je ne suis donc ni le premier, encore moins le dernier, je suppose. Quand Dano Djédjé, Koné Katinan, et Gervais Tchiédé ont reçu Don Mello, ils se sont expliqués. Celui-ci a soutenu sa proposition. Ils ne se sont pas entendus, il avait été dit qu’ils devaient rendre compte ensemble au président Laurent Gbagbo. Mais ils ont refusé. Le retour à Laurent Gbagbo a été fait uniquement par eux. Le ministre Don Mello n’a pas eu le temps d’aller proposer son opinion à ce dernier. On retrouve par la suite un communiqué dans la presse parce qu’il y a eu une fuite de la note. On s’interroge pour savoir d’où le communiqué est sorti ? Ils disent que ce ne sont pas d’eux. La fuite ne vient pas non plus du côté du ministre Ahoua Don Mello. Après la publication de cette note, un communiqué est sorti pour attaquer le ministre Ahoua Don Mello. Quand il a attaqué la note, automatiquement, il a été attaqué. Je me dis que la proposition qu’il a faite est logique, soutenable. Il fallait pour moi la soutenir. C’est ce que j’ai fait et je l’assume.

Fernand Ahilé

Je n’ai pas cité de nom. J’ai dit que le communiqué tel qu’il est sorti, n’était pas logique dans le raisonnement. C’est comme si on rédigeait le communiqué et qu’on tombait dans un hors-sujet, et on revenait au sujet principal. Pour moi, c’est comme si on demandait au rédacteur du communiqué de gérer ça automatiquement, rapidement, comme si on n’assumait pas la décision de me démettre de mes fonctions parce que la décision de me démettre de mes fonctions n’est pas un communiqué spécial, qui traite les motifs ou les raisons, comme un faux-fuyant. Comme si à un moment donné, sa patronne lui demandait d’insérer ça rapidement et de revenir au sujet principal.

Pour moi, la patronne, c’est Nady Bamba.

Oui, je reconnais que c’est elle qui décide tout dans le parti, y compris les nominations.

Le ministre Don Mello a dit qu’il est candidat à la présidentielle. Il l’a annoncé publiquement. Je ne peux que l’encourager.

Le PPA-CI m’a certes démis de mes fonctions, mais je resterai toujours dans l’arène politique. Je demeure un militant de base du PPACI, qui reconnait le président Laurent Gbagbo comme son leader. Je suis toujours PPA-CI dans l’âme, maintenant si le parti me rejette, j’aviserai. Je me reconnais toujours dans le président Laurent Gbagbo, pour le combat qu’il mène, malgré la sanction qui m’est tombée dessus.

Oui, je suis juriste. Je sais que le Conseil constitutionnel ne dira pas autre chose. C’est clair. Il (Laurent Gbagbo) n’est pas sur la liste électorale. Il vaut mieux en même temps trouver une alternative parce que si le Conseil constitutionnel se prononce, on n’a plus de marge de manœuvre

Pour moi, ils font exprès de ne pas voir la réalité en face. Je me dis qu’ils se disent que le Seigneur de l’univers ou Dieu fera quelque chose en leur faveur, parce qu’ils sont beaucoup attachés aux prophéties, alors que la politique, c’est du concret. On croit tous en Dieu. On sait qu’Il peut agir. Mais dans ce cas de figure, je ne crois pas en la métaphysique. Or, en restant accrochés en leur croyance, on perd sur le terrain politique. On ne se prépare pas. On se dit qu’il faut forcer et que Dieu va agir. Je ne suis pas de cette école.

Don Mello était vice-président du parti. Je me sens très proche de lui. Nous nous voyons. Nous échangeons. Je le vois comme un bon leader aussi. Je l’écoute.

Non. Je l’ai écrite seul.

Je demeure toujours un militant de base du PPA-CI. Je reconnais toujours le président Laurent Gbagbo comme mon leader, comme celui en qui je me reconnais. Mais je n’approuve pas la posture actuelle du PPACI, qui va tout droit dans le mur. Pour moi, il faut humblement saisir la proposition faite par le ministre Ahoua Don Mello et même sa candidature. S’il présente sa candidature, j’espère que le PPA-CI la soutiendra, si celle du président Laurent Gbagbo n’est pas validée. On espère qu’ils ne boycotteront pas, qu’ils ne feront pas la politique de la chaise vide, et qu’ils se rappelleront qu’il y a un de leurs camarades qui a déposé sa candidature, qui a été membre des instances du parti et qu’il faut le soutenir. C’est cette posture que j’attends du PPA-CI.

Réalisée par Ousmane MODIBO

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