@informateur- Le lundi 5 septembre 2022 marquait le premier anniversaire de l’éviction, en Guinée (Conakry) du Président Alpha Condé du pouvoir par les Forces Spéciales de ce pays.

Un an après, le Lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya et ses compagnons d’armes, le moins qu’on puisse dire, ont cessé de faire « rêver » les guinéens !

C’est que, après douze mois de cet autre et énième pouvoir militaire guinéen, les citoyens, acteurs politiques, société civile, partenaires etc. ont ( presque) tous déchanté des premières jubilations et des espoirs qui ont accueilli ce coup d’Etat militaire !

Le caractère flou, imprécis voire indécis de la transition ajouté aux arrestations musclées et autres privations et violations massives et répétées des droits et libertés d’opposants ou de citoyens, a quelque peu obscurci le tableau et amène aujourd’hui à se demander s’il était vraiment opportun de devoir passer par une intervention de l’armée sur la scène politique guinéenne pour asseoir les bases d’un retour vrai et définitif, cette fois , à la démocratie légale et constitutionnelle.

Les atermoiements regrettables de la junte militaire conduite par Mamady Doumbouya donnent tout son sens à cette vieille et éternelle vérité: un mauvais régime civil vaut mieux qu’un bon pouvoir militaire. Sans compter l’apparente velléité de conservation du pouvoir de la part de la soldatesque.

Le Président Alpha Condé avait certes de graves défauts, manquements, dérapages démocratiques et constitutionnels , c’est vrai mais il avait le mérite d’avoir, en apparence, été élu tout au moins par le peuple et d’avoir de ce fait un semblant de légitimité et d’oripeaux constitutionnels et surtout d’être peu enclin à la gâchette et à la baïonnette , tels que ces catillinaires en font, depuis un an, un usage abusif et excessif.

Etant par principe et par culture ( démocratique et légale) opposé à tout coup d’Etat militaire quelles qu’en soient les raisons et justifications, nous pensons et disons , un an après, que les illusions des populations de Conakry qui étaient massivement sorties pour acclamer les militaires, n’ont aujourd’hui d’égale que leur naivété face aux belles promesses et déclarations mielleuses des putschistes.

Face aux désillusions visibles et manifestes du peuple guinéen, il lui faut, à présent, se battre autrement et avec plus de discernement et plus de lucidité pour ( enfin) installer un vrai régime démocratique à Conakry.

Yao Noël
Journaliste