@Informateur- 5 mois après le début de la distribution décriée du fonds Covid-19 des producteurs, le Conseil du Café-Cacao a enfin rendu public sa clé de répartition. Critiquée sur la gestion de ce fonds dont les acteurs ignoraient tout des conditions, la direction générale du Conseil Café-Cacao a fait publier mercredi sur son site web ce qu’il considère comme étant le fondement de la distribution. Une publication qui intervient curieusement en pleine grève de la Centrale syndicale.

A l’évidence, cette publication des critères d’accès au fonds post distribution n’est pas innocente en ce sens que l’organe de régulation a fait compliqué ce qui aurait pu être simple. C’est à dire communiquer sur les critères avant d’entreprendre la distribution de l’argent comme cela a été le cas pour le Fonds Covid-19 des autres secteurs.

Il y a un peu plus d’un mois quand la Centrale syndicale dénonçait le fait que certaines coopératives étaient payées à 500.000 et non 2.000.000 FCFA comme annoncé, le Conseil Café-Cacao était resté muet. Tout comme, il a gardé le silence sur la liste des bénéficiaires.

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Décider des sommes à octroyer à des coopératives est une chose et présenter la liste des bénéficiaires une autre. Que gagne la direction du Conseil Café-Cacao a dissimuler, voire à faire de la rétention d’information sur un sujet aussi sensible qu’est le partage d’argent.

On pourrait en déduire que c’est sous la pression des producteurs que le Conseil s’est senti contraint de publier a posteriori ces critères qui viennent un.peu comme un médecin après la mort. Surtout que si l’on s’autorise une vérification, il n’est pas exclu que des coopératives qui ont empoché de l’argent ne remplissent pas ces critères et que bien d’autres en droit de percevoir n’ont reçu aucun kopeck.

C’est d’ailleurs pourquoi la Centrale syndicale devrait aller plus loin en saisissant la Haute Autorité de la bonne gouvernance ainsi que le Conseil national des droits de l’homme afin qu’un audit de ce fonds soit réalisé. Cela participe de la transparence et de la bonne gouvernance telle que prône le président Alassane Ouattara.

Alfred SIRIMA