@informateur.ci- L’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly a exprimé des réserves sur l’Alliance des États du Sahel (AES), estimant que cette union entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger pourrait servir à retarder le retour à l’ordre constitutionnel.
Longtemps perçu comme un soutien des autorités de transition dans ces pays dirigés par des régimes militaires, le chanteur engagé a nuancé sa position dans une interview accordée à la Deutsche Welle (DW). S’il reconnaît la volonté affichée de coopération entre les trois États sahéliens, il s’interroge sur la portée réelle de cette alliance. «Les trois pays qui constituent l’AES se disent unis. Mais ils ont trois présidents, il y a trois gouvernements. On a l’impression que [l’AES] c’est être uni pour éviter d’aller aux élections », a-t-il déclaré.
Par ces propos, l’artiste met en lumière les critiques récurrentes formulées par une partie de l’opinion publique et de la communauté internationale, qui appellent à un calendrier clair pour l’organisation d’élections et le retour à un pouvoir civil. Depuis leur prise de pouvoir, les autorités de transition au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont annoncé des réformes et des processus de refondation, mais les échéances électorales restent floues ou repoussées.
Tiken Jah Fakoly, connu pour son engagement en faveur de la démocratie et de la justice sociale, a également déploré la montée des divisions au sein des sociétés africaines. Il a mis en garde contre les fractures communautaires et les tensions politiques qui fragilisent davantage des pays déjà confrontés à l’insécurité et aux défis économiques.
Figure emblématique du reggae africain, l’artiste n’en est pas à sa première prise de position sur les questions de gouvernance et de démocratie. Ses déclarations relancent le débat sur l’avenir politique des pays membres de l’AES et sur les perspectives d’un retour à l’ordre constitutionnel dans la région.
Djah OPELY













