Sénégal : Pourquoi le trophée de la CAN a été présenté à des prisonniers?

@informateur.ci- Le trophée de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), récemment remporté par le Sénégal, a fait une halte pour le moins symbolique jeudi à la prison de Rebeuss, le plus grand centre de détention du pays, situé au cœur de Dakar. Une initiative inédite qui a suscité curiosité et débats, mais qui s’inscrit dans une démarche volontairement inclusive portée par la Fédération sénégalaise de football (FSF).

Cette visite du prestigieux trophée s’inscrivait dans le cadre de la tournée nationale organisée après le sacre continental décroché au Maroc. L’objectif affiché par les autorités sportives était clair : permettre à toutes les composantes de la société sénégalaise de partager la fierté de cette victoire historique, y compris celles qui vivent en marge de la vie sociale ordinaire.

Pour la FSF, le football demeure un puissant vecteur de cohésion nationale, capable de transcender les clivages sociaux et les situations individuelles. «La CAN appartient à tout le peuple sénégalais», ont rappelé des responsables fédéraux, soulignant que la célébration ne pouvait se limiter aux stades, aux places publiques ou aux institutions officielles.

Présent lors de l’événement, le directeur général de l’Administration pénitentiaire, Aliou Ciss, a salué un geste «hautement symbolique». «Les détenus sont des citoyens à part entière. Leur situation judiciaire ne leur enlève ni leur dignité ni leur appartenance à la Nation», a-t-il déclaré, insistant sur la portée humaine et républicaine de cette démarche.

Au sein de la maison d’arrêt de Rebeuss, la présentation du trophée a été accueillie avec émotion. Pour de nombreux détenus, ce moment a représenté une parenthèse de joie et un rappel fort de leur lien avec la communauté nationale, à travers une victoire sportive qui a rassemblé tout le pays.

Au-delà du symbole sportif, cette initiative ouvre un débat plus large sur la place du sport dans les politiques d’inclusion sociale. En faisant entrer le trophée de la CAN dans un lieu de privation de liberté, le Sénégal a voulu envoyer un message clair : l’unité nationale ne connaît pas de barrières, pas même celles des murs d’une prison.

Djah OPELY

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