@informateur.ci- Le Port Autonome de Dakar (PAD), poumon stratégique de l’économie sénégalaise et hub majeur de la sous-région ouest-africaine, vient de voir sa notation financière revue à la baisse par l’agence GCR Ratings. L’évaluation de long terme a été dégradée de A-(WU) à BBB-(WU), tandis que celle de court terme est passée de A2(WU) à A3(WU). L’emprunt obligataire de 60 milliards FCFA (6,6 % 2020-2027) subit le même sort, abaissé à BBB-(WU). La perspective, elle, reste stable.
Selon GCR, ce déclassement est principalement lié à la détérioration du risque pays au Sénégal. L’agence met en avant un endettement public élevé et des déséquilibres macroéconomiques persistants, qui fragilisent le climat financier national. Toutefois, elle reconnaît le rôle central du PAD dans le commerce régional grâce à sa position géographique stratégique, un atout face à la concurrence croissante des autres ports ouest-africains.
Paradoxalement, les résultats du port en 2024 montrent une amélioration notable. La marge d’EBITDA s’est établie à 35,8 %, soutenue par une hausse des revenus de +9,3 % et une baisse des charges de personnel de -4,4 %. La marge nette est ainsi passée de 20 % fin 2023 à 25 %. Côté liquidité, le PAD affiche une couverture supérieure à 200 % des besoins à court terme, une performance saluée par les analystes.
Malgré ces progrès, le niveau d’endettement reste préoccupant. Le ratio dette brute/EBITDA, bien qu’en baisse, demeure élevé à 8,9x en 2023 contre 12,9x en 2022. Les projets d’expansion, notamment la construction du Port de Ndayane, continuent de peser sur la trésorerie. GCR prévoit ainsi le maintien d’un endettement conséquent dans les prochaines années, en raison des investissements massifs nécessaires à la modernisation des infrastructures.
L’agence estime cependant que les efforts de maîtrise des coûts et le désengorgement progressif des installations pourraient stabiliser la situation. La perspective stable traduit donc un équilibre fragile : le PAD dispose d’opportunités de croissance réelles, mais elles restent contrebalancées par les risques financiers liés à son endettement et au contexte macroéconomique national.
Djah OPELY













