Sénégal : Des étudiants réclament le paiement de 13 mois d’arriérés de bourses

@informateur.ci- Au Sénégal, la grogne monte au sein de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Les étudiants dénoncent le non-paiement de 13 mois d’arriérés de bourses, une situation qu’ils jugent intenable et contraire aux engagements pris par les autorités actuelles. Le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, longtemps soutenus par une large partie de la jeunesse, se retrouvent désormais au cœur de la contestation.

Selon plusieurs organisations étudiantes, cette mobilisation n’a aucune dimension politique. Les protestataires assurent qu’elle repose uniquement sur des revendications sociales urgentes. Ils rappellent que le versement régulier des bourses constitue un élément essentiel de leur stabilité financière, condition indispensable pour étudier sereinement. «Ils nous avaient promis qu’une fois au pouvoir, ils allaient améliorer nos conditions de vie et transformer l’université. Aujourd’hui, nous faisons face à une situation catastrophique. Nous les avions soutenus dans l’espoir d’un changement réel», confie un étudiant mobilisé sur le campus.

Pour Bassirou Gueye, responsable d’une association estudiantine, le cœur du problème réside dans les difficultés du gouvernement à honorer ses engagements financiers. «Nous manifestons pour une seule raison : réclamer notre dû. Nos bourses nous permettent de nous loger, de manger, d’étudier dans la dignité. Rester plus d’un mois sans bourse est déjà difficile, alors imaginez treize», insiste-t-il.

Ce blocage n’est toutefois pas nouveau. Les tensions autour du paiement des bourses traversent plusieurs régimes successifs. « L’année dernière déjà, les étudiants de Master 1 avaient protesté pour les mêmes raisons. Ce phénomène date de l’ère Macky Sall, mais aussi de celles d’Abdoulaye Wade et d’Abdou Diouf. Ce n’est donc pas un problème apparu avec le Pastef », rappelle Bassirou Gueye.

Si certains analystes soulignent que le contexte budgétaire national demeure la principale source de ces retards, d’autres estiment que les frictions internes au Pastef pourraient aussi affecter la gestion de dossiers sensibles comme l’enseignement supérieur. Les divergences entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, bien qu’informelles, nourrissent ainsi des interrogations sur la capacité du gouvernement à répondre rapidement aux attentes du milieu universitaire.
Yannick KOBO

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