@informateur.ci- Le différend entre le Niger et le groupe français Orano autour de l’exploitation de l’uranium connaît une nouvelle escalade. Réuni en Conseil des ministres le lundi 18 mai, le gouvernement nigérien a adopté un projet de décret annulant la concession minière d’Arlit, attribuée en janvier 1968 au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), ancêtre de l’actuel géant français du nucléaire.
Selon le communiqué officiel diffusé à l’issue de la réunion gouvernementale, cette décision est motivée par le non-paiement d’une redevance superficiaire portant sur une partie non exploitée du périmètre concerné. Les autorités nigériennes affirment avoir adressé à Orano un état de liquidation le 14 avril 2025, suivi d’une mise en demeure le 25 septembre 2025.
Niamey estime qu’au terme du délai réglementaire de six mois prévu par le code minier, l’État est désormais en droit de retirer cette concession. Le gouvernement précise ainsi que les terrains concernés sont « libérés de tous droits », ouvrant potentiellement la voie à une nouvelle attribution ou à une réorganisation de leur exploitation.
Malgré cette annulation, les autorités nigériennes rappellent que la société française demeure tenue de respecter l’ensemble de ses obligations fiscales, environnementales et administratives liées à ses activités passées sur le site.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le Niger et plusieurs partenaires occidentaux depuis le changement de régime intervenu en 2023. Le secteur de l’uranium, stratégique pour l’économie nigérienne et pour l’approvisionnement énergétique français, est devenu l’un des principaux points de crispation entre Niger et France.
La concession d’Arlit représente un symbole historique de la coopération nucléaire franco-nigérienne. Son annulation marque ainsi un tournant majeur dans les relations entre Niamey et le groupe Orano, déjà confronté ces derniers mois à plusieurs difficultés opérationnelles et diplomatiques dans le pays.
Djah OPELY












