@informateur.ci- Le Nigeria affirme avoir remporté une bataille décisive contre le vol de pétrole brut, un fléau qui fragilisait depuis des décennies la première économie d’Afrique. Lundi 25 août, la société publique du pétrole (NNPC) a annoncé que les actes de siphonnage et de vandalisme sur ses oléoducs ont été quasiment éradiqués.
Selon Bashir Bayo Ojulari, directeur général de NNPC, cette avancée est le fruit d’opérations conjointes menées par l’armée nigériane, les services de renseignement et des sociétés privées de sécurité. « Les reçus de pipelines et terminaux atteignent aujourd’hui près de 100 %, alors qu’il y a trois ans, à peine 30 % du brut transporté par certains pipelines parvenait aux terminaux d’exportation », a-t-il déclaré lors d’une conférence sur la sécurité régionale organisée à Abuja.
Le vol de pétrole brut, concentré dans le delta du Niger – zone stratégique abritant la majorité des infrastructures pétrolières du pays – représentait une perte colossale pour l’État. Ces détournements alimentaient non seulement l’économie parallèle mais aussi les activités de groupes armés locaux, tout en décourageant les investissements étrangers dans le secteur énergétique.
La sécurisation des installations constitue donc une victoire symbolique et économique pour Abuja. Elle devrait permettre de consolider les recettes pétrolières, qui représentent environ 90 % des exportations du Nigeria, et de renforcer la confiance des partenaires internationaux.
Cette annonce intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à diversifier ses revenus tout en stabilisant son secteur pétrolier, longtemps miné par la corruption et l’insécurité. Si NNPC se félicite de cette amélioration spectaculaire, des experts appellent néanmoins à la vigilance. Ils estiment que seule une surveillance continue et une gouvernance transparente garantiront la pérennité de ce succès face à un fléau qui a souvent rebondi par le passé.
Djah OPELY












