@informateur.ci- Une vaste opération sécuritaire a été menée mardi 3 février 2026 dans la ville de Sabha, au centre de la Libye. Selon les autorités libyennes, plus de 2 000 migrants subsahariens en situation irrégulière ont été interpellés au cours d’une intervention d’envergure, accompagnée de la démolition de plusieurs camps de fortune où vivaient ces exilés.
Dès les premières heures de la matinée, des dizaines de véhicules de police, appuyés par des unités militaires, ont investi plusieurs quartiers de Sabha, l’un des principaux points de transit migratoire du sud libyen. L’opération ciblait, d’après un communiqué du ministère de l’Intérieur publié sur les réseaux sociaux, « les sites de rassemblement de migrants illégaux dans la ville».
Des vidéos diffusées par les autorités montrent des habitations précaires, faites de bois et de matériaux de récupération. À l’intérieur, des dizaines de personnes vivaient entassées dans des conditions extrêmement rudimentaires, dormant à même le sol, avec pour seule source de lumière quelques ouvertures pratiquées dans les toits. D’autres images montrent des groupes de migrants, hommes, femmes et enfants, escortés hors des abris puis assis à même le sol, sous la surveillance de forces de sécurité lourdement armées.
Au total, plus de 2 000 migrants de diverses nationalités africaines ont été arrêtés. Aucune précision officielle n’a été donnée sur leur destination après leur interpellation. Toutefois, des organisations de défense des droits humains estiment que ces personnes ont probablement été transférées vers des centres de détention, où les conditions de vie sont régulièrement dénoncées et où des libérations sont parfois conditionnées au paiement de sommes importantes.
Après les arrestations, les camps ont été entièrement détruits à l’aide de pelleteuses, laissant des centaines de personnes sans abri. Les autorités affirment vouloir, par cette opération, renforcer les contrôles et adresser «un message fort aux réseaux de trafic et de contrebande ». Un responsable a également rappelé l’interdiction de louer des logements à des migrants en situation irrégulière, évoquant la volonté de « nettoyer » certains quartiers.
De son côté, l’association Refugees in Libya dénonce une instrumentalisation des migrations, estimant que ces actions relèvent davantage de rivalités politiques et sécuritaires locales que d’une réelle politique migratoire. Carrefour stratégique, Sabha reste l’un des lieux les plus dangereux pour les migrants, tristement marquée par les graves exactions révélées ces dernières années, notamment la découverte d’un marché aux esclaves filmé en 2017.
Djah OPELY













