Justice : Orano maintient la pression judiciaire contre le Niger autour d’un stock d’uranium

@informateur.ci- Le groupe français Orano a réaffirmé, mercredi, sa détermination à poursuivre ses actions en justice contre l’État nigérien, mais aussi contre toute entité qui tenterait de s’approprier un stock d’uranium estimé à au moins 1.000 tonnes que le Niger envisage de vendre sur le marché international.

Devant les sénateurs français, le président du conseil d’administration d’Orano, Claude Imauven, a indiqué que ce stock de concentré d’uranium demeure bloqué à l’aéroport international de Niamey depuis plusieurs semaines. «Il y est toujours pour ce que je sais, mais je n’ai pas plus d’informations», a-t-il précisé, soulignant l’opacité entourant la situation actuelle.

Fin novembre, Orano avait déjà tiré la sonnette d’alarme en annonçant qu’un chargement d’uranium avait quitté le site de la Somaïr, à Arlit, dans le nord du Niger. Cette société minière, stratégique pour l’exploitation de l’uranium nigérien, était détenue à 63,4 % par Orano et à 36,6 % par l’État du Niger, avant sa nationalisation décidée en juin par les autorités de Niamey.

À la suite de cette nationalisation, le gouvernement nigérien a fait savoir son intention de commercialiser directement l’uranium produit, marquant une rupture nette avec l’ancien partenaire français. Cette décision intervient dans un contexte géopolitique tendu, alors que le Niger cherche à diversifier ses alliances. Lors d’une visite à Niamey, le ministre russe de l’Énergie avait d’ailleurs affirmé la volonté de son pays «d’exploiter l’uranium» nigérien.

Face à ces évolutions, Orano entend défendre ses droits par tous les moyens légaux, estimant que la situation actuelle porte atteinte à ses intérêts industriels et juridiques. Le contentieux s’annonce long et complexe, sur fond de rivalités économiques et stratégiques autour de l’uranium nigérien.

Djah OPELY

Quitter la version mobile