@informateur.ci- Le Ghana veut afficher son indépendance vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI). Devant le Parlement, le 28 mai dernier, le ministre des Finances, Cassiel Ato Baah Forson, a affirmé avec force que le pays avait définitivement tourné la page des programmes de sauvetage de l’institution de Bretton Woods. Un message qui s’inscrit dans la ligne du président John Mahama, lequel avait déclaré en janvier que le programme en cours serait « la dix-septième et dernière fois » que le Ghana solliciterait l’assistance financière du FMI.
Cette déclaration intervient alors que le FMI a annoncé la conclusion d’un accord au niveau des services concernant la sixième et dernière revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) de 3 milliards de dollars, signé en mai 2023.
Les autorités ghanéennes mettent en avant plusieurs indicateurs économiques favorables pour justifier cette sortie. La dette publique est passée de 61,8 % du PIB à la fin de l’année 2024 à 44,7 % fin 2025, atteignant ainsi l’objectif fixé par la loi sur les finances publiques avec plusieurs années d’avance. Dans le même temps, l’inflation a fortement reculé pour s’établir à 3,4 % en avril 2026, tandis que le cedi s’est apprécié de plus de 40 % face au dollar au cours de l’année 2025.
La confiance des marchés semble également revenir. L’agence de notation Fitch a relevé la note souveraine du Ghana de B- à B avec perspective positive, marquant une étape importante après le défaut sur la dette commerciale extérieure enregistré en décembre 2022.
Cependant, la relation entre Accra et le FMI est loin d’être totalement rompue.
Les autorités ghanéennes ont en effet demandé la mise en place d’un Policy Coordination Instrument (PCI), un mécanisme non financier dont l’approbation est attendue en juillet. Ce dispositif prévoit un suivi régulier des finances publiques et des réformes économiques pendant trois ans, jusqu’en 2029.
Sans nouveaux prêts, mais sous l’œil attentif du FMI, le Ghana cherche désormais à préserver sa crédibilité auprès des investisseurs tout en consolidant les acquis économiques. Le véritable test sera la capacité du pays à maintenir cette discipline budgétaire et à transformer durablement sa croissance en développement économique.
Djah OPELY












