@informateur.ci- L’agence de notation Fitch Ratings a annoncé, le vendredi 19 décembre 2025, l’abaissement de la note souveraine du Gabon, qui passe de « CCC » à « CCC- ». La note en monnaie locale a également été dégradée, reculant à « CC ». Cette décision marque un nouveau revers pour la crédibilité financière du pays, déjà confronté à un risque de crédit jugé très élevé par les agences internationales.
En juin 2025, Fitch avait pourtant maintenu la note à « CCC », une appréciation vivement contestée par les autorités gabonaises. Celles-ci estimaient que l’agence ne tenait pas suffisamment compte des avancées politiques et de certains signaux budgétaires jugés encourageants. Mais six mois plus tard, la situation financière s’est détériorée, poussant Fitch à revoir son jugement.
Selon l’agence, la principale cause de cette dégradation réside dans l’aggravation des tensions de trésorerie de l’État. Le Gabon fait face à des déficits budgétaires croissants, à un accès de plus en plus restreint aux marchés financiers — y compris au sein de la zone CEMAC — et à un déficit de financements extérieurs. Ces contraintes ont entraîné une accumulation rapide d’arriérés de paiement, tant domestiques qu’extérieurs.
D’après les données de la Direction générale de la dette (DGD), les arriérés ont atteint 443,6 milliards de FCFA (environ 792 millions de dollars) à fin octobre 2025, soit une hausse de plus de 174 milliards de FCFA en moins d’un an. Fitch souligne que ces retards de paiement compromettent l’accès à de nouveaux financements publics et devraient encore s’aggraver en 2025.
Par ailleurs, le changement de régime intervenu en août 2023, avec l’instauration d’une Transition militaire, a profondément modifié la politique budgétaire. Sous pression sociale, les nouvelles autorités ont accru les dépenses publiques, faisant exploser le déficit budgétaire, attendu à 6,1 % du PIB en 2025 contre 3,7 % en 2024.
La dette publique totale devrait ainsi atteindre 80,4 % du PIB en 2025, avant de frôler les 87 % en 2027, un niveau largement supérieur à la moyenne des pays comparables. Dans ce contexte, Fitch exclut à court terme un nouveau programme avec le FMI, même si les autorités gabonaises affirment travailler à l’élaboration d’un cadre économique national avant toute demande d’appui financier.
Djah OPELY













