@informateur.ci- La Chine accélère son implantation économique en Égypte. La visite du président chinois Xi Jinping au Caire, les 1er et 2 septembre 2026, a été marquée par le lancement de la troisième phase de la zone industrielle sino-égyptienne, située au sein de la Zone économique du canal de Suez. Pékin y consolide à la fois sa présence industrielle et l’utilisation de sa monnaie dans les échanges bilatéraux.
Le site accueille déjà environ 200 entreprises chinoises, représentant près de 4 milliards de dollars d’investissements, selon les autorités égyptiennes. La nouvelle phase vise notamment les énergies renouvelables, l’automobile, le textile et les fibres chimiques. La construction navale, le dessalement, les semi-conducteurs, les centres de données et les minerais critiques figurent également parmi les secteurs identifiés.
Cette offensive industrielle intervient alors que les échanges commerciaux entre les deux pays restent fortement déséquilibrés. Au premier semestre 2026, ils ont atteint 11,3 milliards de dollars. Les exportations égyptiennes vers la Chine se sont élevées à 840,8 millions de dollars, contre 10,4 milliards d’importations.
L’Égypte exporte principalement des combustibles et huiles minérales, des fruits et légumes ainsi que du coton et des fibres textiles. En revanche, ses achats à la Chine sont dominés par les machines et équipements électriques, les véhicules et les produits sidérurgiques.
Le projet de zone industrielle doit justement contribuer à réduire cette dépendance aux importations en favorisant la production locale et les exportations. Dans ce cadre, un protocole d’accord a été signé avec le fabricant chinois Linglong pour construire un complexe intégré de pneumatiques d’environ 2 milliards de dollars, avec plus de 5 000 emplois à la clé.
Parallèlement, Pékin renforce l’ancrage du yuan dans les relations financières. En juin 2026, les banques centrales chinoise et égyptienne ont renouvelé leur accord de swap de devises pour trois ans, portant son plafond de 18 à 30 milliards de yuans, soit environ 4,4 milliards de dollars.
Ce mécanisme permet à l’Égypte d’obtenir temporairement des yuans pour faciliter certaines transactions avec la Chine, sans passer systématiquement par le dollar. Il ne s’agit toutefois ni d’un don ni d’un apport automatique aux réserves égyptiennes.
Le rapprochement autour de Suez revêt enfin une dimension stratégique. Pour Pékin, le canal constitue une voie essentielle vers les marchés européens.
Pour Le Caire, l’utilisation accrue du yuan offre une possibilité de diversification financière face au dollar. L’expansion chinoise à Suez apparaît ainsi comme un rapprochement à la fois industriel, commercial, monétaire et géopolitique.
Djah OPELY












