@informateur.ci- En visite officielle au Cameroun, le pape Léon XIV a lancé un appel fort aux autorités en les exhortant à « briser les chaînes de la corruption », lors d’un discours prononcé mercredi 15 avril à Yaoundé. Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques et une crise sécuritaire persistante dans les régions anglophones.
Arrivé en provenance d’Algérie, le souverain pontife a entamé la deuxième étape de sa tournée africaine dans une ambiance fervente. Accueilli par des milliers de fidèles massés le long des artères de la capitale, il a béni la foule depuis son véhicule, sous les chants et les acclamations.
Face aux autorités camerounaises et au corps diplomatique, le pape a insisté sur le concept d’un sursaut moral. « La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance », a-t-il déclaré, appelant à un « examen de conscience » et à des réformes courageuses. Il doit également s’entretenir avec le président Paul Biya, au pouvoir depuis plusieurs décennies.
Au-delà des enjeux de gouvernance, la visite papale est fortement attendue dans les régions anglophones, en proie à un conflit armé depuis près de dix ans.
Dans des villes comme Bamenda, épicentre des violences, l’espoir d’un message de paix est palpable. Ce conflit oppose les forces gouvernementales à des groupes séparatistes ayant proclamé l’indépendance de l’Ambazonie, et a déjà fait des milliers de victimes selon l’Organisation des Nations unies.
Pour faciliter cette visite, certains groupes armés ont annoncé une trêve temporaire, permettant au pape de célébrer une messe très attendue dans la région. L’Église catholique, qui représente une part importante de la population camerounaise, joue un rôle clé dans la médiation et l’assistance sociale à travers ses écoles et ses structures de santé.
Toutefois, cette visite suscite aussi des interrogations. Certains observateurs craignent qu’elle ne serve à redorer l’image du pouvoir en place, après une réélection contestée et des manifestations violemment réprimées.
Le programme du pape inclut également des étapes à Douala, avant de poursuivre sa tournée en Angola et en Guinée équatoriale. Ce déplacement, placé sous le signe de la paix et de la justice, pourrait marquer un tournant dans la recherche d’une issue à la crise camerounaise.
Yannick KOBO










