@informateur.ci- Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son autonomie énergétique. L’Africa Finance Corporation (AFC) a annoncé le décaissement d’une première tranche de 60 millions de dollars, soit plus de 34 milliards FCFA, en faveur du groupe turc Aksa Energy pour la construction d’une centrale thermique de 119 MW.
Cette enveloppe s’inscrit dans le cadre d’une facilité de crédit de 300 millions de dollars accordée à l’entreprise. Selon l’AFC, l’installation, qui devrait être mise en service en 2027, deviendra la plus importante centrale électrique du pays et permettra de réduire de plus de moitié les importations d’électricité du Burkina Faso.
Le projet avait été officialisé fin 2025 après la signature d’un contrat d’achat d’électricité de vingt ans entre Aksa Energy et la Société nationale d’électricité du Burkina (Sonabel). Prévue à Ouagadougou, la centrale fonctionnera au fuel-oil. Si une mise en service était initialement envisagée pour fin 2026, l’AFC retient désormais l’année 2027.
Pour Samaila Zubairu, président-directeur général de l’AFC, un approvisionnement électrique fiable demeure indispensable à l’industrialisation, à la croissance des entreprises et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Cette initiative intervient dans un contexte où le système électrique burkinabè reste fortement tributaire des importations. D’après le Pacte national de l’énergie 2026-2030, celles-ci représentaient près de 49 % de l’énergie disponible en 2024, principalement en provenance du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Togo. Malgré une progression de la production nationale, la demande continue de croître rapidement, portée par l’urbanisation, l’essor démographique et les ambitions industrielles du pays.
Les autorités entendent ainsi accélérer les investissements dans les infrastructures de production, les énergies renouvelables et les réseaux de distribution. L’objectif est d’élargir l’accès à l’électricité à près de 18 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030 et de réduire progressivement la dépendance énergétique extérieure. La future centrale d’Aksa s’inscrit comme un maillon essentiel de cette stratégie de souveraineté énergétique.
Yannick KOBO











