@informateur.ci- Deux suspects ont été interpellés et le ministre des Transports limogé dans l’affaire des cinq Boeing 777 immatriculés à Madagascar puis transférés en Iran. Le gouvernement malgache sollicite l’aide internationale pour faire la lumière sur ce scandale aux répercussions diplomatiques.
L’affaire des cinq Boeing 777 brièvement immatriculés à Madagascar avant d’atterrir en Iran continue de secouer la Grande Île. Deux suspects ont été arrêtés, le ministre des Transports a été limogé, et le gouvernement malgache a lancé un appel à l’aide internationale pour tirer au clair une affaire qui ternit l’image du pays et inquiète ses partenaires économiques.
Mercredi 30 juillet, la brigade criminelle a procédé à l’arrestation de Heriniaina Rijasoa Andriamananarivo et Singh Khushwinder, soupçonnés d’avoir obtenu frauduleusement un certificat d’immatriculation provisoire (CIP) et un certificat de navigabilité (CDN) pour cinq avions. Ces appareils, officiellement destinés à un simple convoyage technique vers le Kenya, auraient en réalité été transférés à Mahan Air, compagnie iranienne placée sous sanctions américaines. Les chefs d’accusation retenus : faux, usage de faux et atteinte à la sûreté de l’État.
Dans la foulée, le président Andry Rajoelina a mis fin aux fonctions du ministre des Transports et de la Météorologie, Valery Ramonjavelo, après des révélations impliquant une instruction directe du ministère dans la délivrance des documents, sans concertation avec les hautes autorités. Dans un communiqué solennel, le chef de l’État a dénoncé une atteinte grave à la souveraineté nationale et promis des mesures fortes pour préserver l’intégrité des institutions.
L’enquête, désormais élargie, mobilise des partenaires internationaux. Le Premier ministre Christian Ntsay, qui assure l’intérim au ministère des Transports, a annoncé avoir sollicité l’assistance de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), du FBI et d’Interpol.
Cette affaire, révélée le 22 juillet par un média spécialisé, interroge sur les failles dans le système de régulation aéronautique malgache. Elle intervient dans un contexte déjà tendu avec les États-Unis, qui ont durci leurs conditions commerciales avec Madagascar. Le scandale pourrait ainsi peser sur l’avenir de l’AGOA, un accord crucial pour l’économie textile malgache.
Les deux suspects seront prochainement présentés à la justice. Les investigations devront éclaircir les complicités locales ou étrangères et les dysfonctionnements ayant permis l’opération. À terme, l’enjeu est de rétablir la crédibilité de Madagascar sur la scène internationale.
Yannick KOBO













