@Informateur- Le Conseil des  ministres a adopté, mercredi, entre autres décrets, une règlementation portant sur la mise en œuvre de la Norme Africaine de la série ARS 1000 pour le cacao durable. Cette norme , explique le communiqué, «intègre les bonnes pratiques agricoles, sociales et environnementales ainsi que les exigences des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans le contexte de la production de cacao. Elle prend en compte, sans exception, toutes les exigences des principes de la durabilité dans les référentiels privés d’application volontaire et les programmes de durabilité mis en œuvre par les exportateurs et les chocolatiers, et assure également la protection des intérêts de toute la chaîne des valeurs de la production et de l’industrie cacaoyères».

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Si l’adoption de ce décret est à saluer en ce qu’il va garantit la durabilité du cacao, il n’en demeure pas moins qu’il soulève quelques questions de fond. De fait,  la Norme en question est encore en cours de validation en Côte d’Ivoire. En effet, sur le site du Conseil Café cacao on peut lire que du 24 au 25 mai dernier des acteurs de la filière étaient réunis en atelier pour «peaufiner le guide d’opérationnalité de la norme sur le cacao durable».

A en croire le site web de l’organe de régulation, les deux jours d’atelier n’ont pas permis la validation définitive du guide d’opérationnalité de la norme sur le cacao durable. Et c’est dans ce contexte qu’intervient deux semaines après ce décret. On n’est à se demander comment un décret peut être adopté sur la Norme  Africaine ARS 1000 alors même que le guide d’opérationnalité n’a pas encore été validé par les acteurs de la filière à qui cette norme va s’appliquer.

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La précipitation avec laquelle ce décret semble avoir été pris met en exergue une certaine carence du Conseil Café-cacao. En effet, selon nos informations, le guide d’opérationnalité de la norme sur le cacao durable auquel le Conseil Café cacao a invité les acteurs de la filière café cacao à y apporter des commentaires à l’atelier des 24 et 25 mai dernier n’était qu’une copie traduite en français du guide ghanéen. C’est dire que l’organe de régulation de la filière café cacao de Côte d’Ivoire n’a fait aucun effort de créativité.

Pis, alors qu’il était possible de prolonger l’atelier pour une troisième journée afin d’obtenir un document définitif qui va réguler l’activité voir la vie des centaines de milliers de producteurs, le Conseil Café Cacao a laissé de côté son job et a préféré susciter une journée d’hommage au président de la République le 4 juin dernier à Yamoussoukro. Une journée pilotée de manière éhontée par les 13 directions régionales du Conseil Café-Cacao qui ont dressé des listes et distribué 5.000 FCFA par producteur convoyé à la Place Jean-Paul II à Yamoussoukro.

Une scène qui a  choqué l’opinion publique dans un contexte où le prix bord champ du cacao n’est pas respecté sur le terrain ; où les simples sacs du Cacao sont devenus un fonds de commerce pour des agents du Conseil Café Cacao dans les régions ; où 70% du fonds Covid-19 ne sont pas encore parvenus aux producteurs, plusieurs mois après sa mise à disposition par le gouvernement. Seules des autorités qui font peu de cas de la bonne gouvernance peuvent s’accommoder de la gestion actuelle du Conseil Café cacao.

Alfred SIRIMA