@Informateur.ci- Au cours de la guerre civile en Sierra Leone qui a duré de mars 1991 à janvier 2002, l’Armée guinéenne s’est déployée en 2001 dans le village minier de Yenga pour voler au secours des forces sierra lyonnaises confrontées à la rébellion. Faut-il le rappeler, en mars 1991, le Front révolutionnaire uni (RUF), dirigé par Foday Sankoh et soutenu par le leader libérien Charles Taylor, est entré en Sierra Leone dans le but de renverser le président Ahmad Tejan Kabbah. Aussi la Guinée a-t-elle déployé ses troupes dans cette zone orifère très convoitée.
Le pouvoir en place en Sierra Leone a pu aussi compter sur le soutien de la force d’interposition de la CEDEAO, l’ECOMOG, et de l’Armée britannique qui sont intervenus militairement pour rétablir l’ordre. Mais à la fin de la guerre, l’Armée guinéenne ne s’est pas retirée du secteur de Yenga. A force de contrôler ce territoire riche en or et en diamant, Conakry, qui le convoitait depuis longtemps, semble l’avoir considéré comme le sien. Elle est donc restée sur place.
Les prétentions guinéennes sur ce petit village gorgé de ressources minérales se sont révélées dès les débuts des années 2000, quand la guerre tirait vers sa fin. Comme si la Guinée voulait contraindre la Sierra Leone à payer, en quelque sorte, une amende de guerre, pour service rendu. La contrepartie visée étant la zone diamantifère et orifère de Yenga, un petit village stratégique et frontalier situé dans le district de Kailahun, à l’est de la Sierra Leone, au bord du fleuve Makona, en face de la Guinée. Certains pensent même que le déploiement des forces armées guinéennes dans cette zone ne relevait pas d’une volonté désintéressée de la Guinée d’aider le pouvoir sierra léonais face à la rébellion, mais d’une stratégie savamment mûrie pour occuper ce village minier, sous un noble prétexte.
Le fait est que les revendications constantes des deux pays ont entraîné un conflit frontalier et des tensions diplomatiques qui n’ont cessé de croître entre Freetown et Conakry. En février 2026, 16 éléments des forces de défense et de sécurité de la Sierra Leone ont été interpellés par l’Armée guinéenne près de la frontière avant d’être relâchés à la suite de discussions. Conakry leur reprochait d’avoir franchi le territoire et planté leur drapeau.
De plus en plus, le risque d’une escalade qui pourrait également impliquer aussi le Libéria voisin se dessine. Aussi la CEDEAO a-t-elle décidé de prendre les choses en main en organisant en mars 2926 un sommet de crise à Conakry sous l’égide de l’Union du Fleuve Mano pour un règlement pacifique du litige par la voie du dialogue. Mieux, lors de son 69e sommet le 19 juillet 2026 à Freetown en Sierra Leone, la CEDEAO a clairement demandé à la Guinée de retirer ses forces de la zone de Yenga et de respecter des résolutions de Monrovia de mars 2026 en privilégiant la voie diplomatique. Mais le président guinéen Mahamadou Doumouya entendra-t-il raison devant les enjeux économiques qui se cachent derrière ce conflit ?
Maurice Kouassi KONAN












