@informateur.ci- À la suite de la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), plusieurs partis de l’opposition ivoirienne ont dévoilé, ce lundi 8 juin 2026, leurs propositions pour la mise en place d’un nouvel organe chargé de l’organisation des élections. Réunis autour de Dr Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des Générations Capables (MGC), ces partis souhaitent instaurer une institution qu’ils jugent plus crédible, indépendante et consensuelle.
Lors d’une conférence de presse organisée à Abidjan, l’ancienne Première dame a réaffirmé son opposition à toute implication du ministère de l’Intérieur dans la gestion des processus électoraux. « Nous n’accepterons pas que les élections soient organisées par le ministère de l’Intérieur », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de garantir la neutralité politique de la future structure.
Fruit de plusieurs semaines de concertation entre les formations politiques concernées, le projet présenté prévoit l’adoption d’une loi organique destinée à encadrer la nouvelle institution. Celle-ci devra reposer sur cinq principes fondamentaux : la dépolitisation totale de sa gouvernance, un mode de désignation transparent et soumis à l’approbation parlementaire, une protection juridique renforcée de ses membres, une administration électorale professionnelle ainsi qu’une autonomie financière effective.
Pour remplacer la CEI, l’opposition propose la création d’un Haut Conseil Électif (HCE) composé de onze membres permanents appelés Conseillers électoraux. Ces derniers seraient sélectionnés sur la base de critères stricts d’intégrité, de compétence et d’indépendance. Les candidats devront notamment être de nationalité ivoirienne, âgés de 35 à 75 ans, disposer d’un casier judiciaire vierge et justifier d’au moins dix années d’expérience professionnelle reconnue.
Le texte prévoit également plusieurs incompatibilités afin de préserver l’impartialité de l’institution. Ainsi, les postulants ne devront jamais avoir appartenu à un parti politique et ne pourront exercer simultanément aucune fonction politique, élective ou administrative.
Selon les propositions présentées, les onze membres du HCE seraient exclusivement issus de la société civile. Ils représenteraient notamment les confessions religieuses, les organisations de défense des droits de l’Homme, la chefferie traditionnelle, le patronat, les planteurs, le Barreau, les médias ainsi que le corps préfectoral. Le projet prévoit par ailleurs une représentation féminine significative, avec au moins cinq femmes parmi les onze conseillers.
À travers cette initiative, l’opposition entend contribuer à la réforme du système électoral ivoirien et ouvrir le débat sur les garanties institutionnelles nécessaires à l’organisation d’élections transparentes et inclusives en Côte d’Ivoire.
Yannick KOBO












