@informateur.ci- Le Sénégal intensifie sa stratégie de défense de ses intérêts dans le secteur des hydrocarbures. Les autorités envisagent désormais de recourir à l’arbitrage international dans les différends qui les opposent aux groupes pétroliers BP et Woodside Energy, principaux opérateurs des projets gaziers et pétroliers du pays.
Cette orientation a été confirmée par Ousmane Sonko à travers les déclarations de Khadim Bamba Diagne, secrétaire permanent du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz, lors de l’édition 2026 de l’Africa CEO Forum organisée à Kigali les 14 et 15 mai.
Depuis mars 2026, le gouvernement sénégalais a engagé une vaste révision des contrats stratégiques du secteur extractif. Le Premier ministre sénégalais estime que plusieurs accords conclus sous les précédentes administrations sont «injustes» et «déséquilibrés», au détriment des intérêts économiques du pays.
Le dossier concernant Woodside Energy est déjà entré dans une phase contentieuse avancée. L’entreprise australienne, opératrice du champ pétrolier de Sangomar, a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements le 30 mai 2025 pour contester un redressement fiscal de 41 milliards de FCFA infligé par l’administration sénégalaise. Selon la compagnie, cette somme serait liée à une exonération fiscale applicable durant la phase de développement du projet.
Le tribunal arbitral a été constitué en janvier 2026 et les premières audiences procédurales ont déjà eu lieu. Les parties sont désormais engagées dans l’échange de mémoires et d’éléments de preuve. Concernant BP, aucun arbitrage n’a encore été officiellement lancé.
Toutefois, les tensions se multiplient autour du projet gazier Greater Tortue Ahmeyim (GTA), exploité à 60 % par le groupe britannique. En mars dernier, Ousmane Sonko avait dénoncé publiquement un contrat « unilatéral et injuste », s’appuyant sur un audit du cabinet Mazars. Selon ce rapport, sur les 4,1 milliards de dollars de coûts récupérables déclarés par BP, près de 2,8 milliards seraient considérés comme non récupérables et 1,8 milliard insuffisamment justifiés.
Pour Dakar, cette remise à plat des contrats pétroliers s’inscrit dans une logique de souveraineté économique, alors que la dette publique sénégalaise atteignait 132 % du PIB fin 2024, d’après le Fonds monétaire international.
Djah OPELY












