‘@informateur- La junte militaire nigérienne cornaquée par le général Abdourahamane Tchiani fait face depuis peu à une crise larvée entre généraux qui risque d’entamer la cohésion de l’armée face aux pressions extérieures visant à restaurer l’ordre constitutionnel. De quoi s’agit-il?
Selon des sources proches de la junte, le président du Comité national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), qui n’est autre que le général Tchiani et son ministre de la Défense, Salifou Modi, anciennement chef d’Etat- major des armées nigériennes ne serait plus sur la même longueur d’onde. Le président Tchiani soupçonne, selon nos informations, son ministre de la Défense de rouler pour les américains. Lesquels, il faut le préciser, disposent d’un millier de soldats à la base aérienne 101 de Niamey.
Ces troupes américaines à l’instar des soldats français (1.500 hommes) et allemands (200 hommes) sont partenaires du Niger et leur présence s’inscrit dans le cadre de la lutter contre le djihadisme. Il s’agit précisément pour ces soldats de surveiller le Sahel mais aussi de contrer l’influence grandissante de la Russie dans la région.
Après avoir suscité un sentiment anti-français qui est aujourd’hui agité à cor et à cri par une minorité de nigériens qui réclament le départ de l’armée française, voilà que l’homme fort du Niger soupçonne maintenant son ministre de la Défense d’être proche des américains. En l’espèce, le général Modi n’est pas le seul officier supérieur victime de la paranoïa du chef de la junte. Ancien patron des forces spéciales nigériennes, le général Moussa Barmou, aujourd’hui chef d’Etat-major de la junte et le Colonel-major Maman Sani Kiaou, commandant de l’armée de terre font partie des officiers supérieurs dont se méfient désormais le général Tchiani.
C’est que dans le cadre de leurs fonctions antérieures, ces trois officiers supérieurs de l’armée nigérienne qui se retrouvent aujourd’hui par la force des choses embarqués aux côtés de la junte ont eu des contacts privilégiés avec les américains, tout comme les français naturellement. Lors du passage de la Sous-secrétaire d’État américaine pour les Affaires politiques au Niger, Victoria Nuland, c’est bien le général Barmou qui l’avait reçue au nom de la junte.
En s’efforçant avec ce qui reste des maigres moyens de l’Etat de présenter la France comme un épouvantail, en représailles à la fermeté de la condamnation du coup d’État par l’Élysée, Tchiani semble après coup, se rend compte qu’il déblaie par ricochet le terrain pour ses collaborateurs qui pourraient le moment venu le déposer tout simplement comme il l’a fait de Mohamed Bazoum.
La hantise d’être évincé crée depuis quelques jours un climat de méfiance dans laquelle le général Tchiani surveille de près ses hommes. Ces suspicions internes ne vont t- elles pas finir par emporter la junte? Let’s wait and see.
Alfred SIRIMA












